Flâner à travers la Belle Époque

Paris : Flâner à travers la Belle Époque

La Belle Époque. Paris, le Moulin Rouge et les Folies Bergère, les danseuses qui lancent leurs jambes en l’air, les messieurs à chapeaux et à cigares assis aux terrasses de café le long des élégants boulevards.

Divertissement et séduction.

Nous pensons à un Paris de carte postale qui a encore de beaux restes aujourd’hui. Mais la belle époque. Cette période, qui s’étend de la fin du 19e siècle jusqu’au début de la Grande Guerre, était-elle aussi belle que l’expression le laisse penser ?

Au fil des ans, Werner Kohlberg a constitué une impressionnante collection de photos du début du XXe siècle qui montrent un Paris de carte postale très différent à Paris, du quotidien des petits commerces à Paris, des visages anonymes mais incroyablement expressifs, de la marchande ambulante aux petits grouillant, en passant par un digne propriétaire de magasin accompagné de son imposante épouse.

Enfin, la gloire a fait le par hasard par la famille.

Au tournant du XXe siècle, les coûts de production ont tellement baissé grâce au progrès technique que n’importe qui peut se faire photographier pour quelques centimes. Les photographes peuvent dès lors élargir leurs horizons et c’est ainsi que s’épanouit la photographie de rue représentant les commerçants devant leurs devantures. Les photos de la collection Albert Hilberg ont été prises par des photographes itinérants qui se sont lancés dans ce nouveau médium devenu plus accessible.

Il photographiait des devantures de magasins et leur fier propriétaire et gagner leur vie en vendant leurs photos sous forme de simples cartes postales.

L’historien de l’art André Jammes habite pour ainsi dire dans l’une de ses cartes postales, cette librairie de livres anciens qu’il a hérité de son père. Sa façade n’a guère changé depuis sa fondation en 1925 à Saint-Germain-des-Prés. André Jammes est lui-même un grand collectionneur spécialiste de l’histoire de la photographie.

C’est à dire si tu es un extraordinaire répertoire de la vie quotidienne à la fin du 19e siècle.

La carte photo était la variante bon marché de la carte postale avec des tirages inférieurs à 10 exemplaires. Une douzaine de cartes postales valait 40 centimes et le café était à 10 centimes. Pour un ouvrier gagnant entre 10 et 20 francs par jour, prendre un café ou une bière le soir reste une dépense non négligeable. Pourtant, les terrasses de café sont pleines. Pour certains, l’alcool remplace parfois le repas. L’apéritif le plus populaire et le moins onéreux et la fée verte, l’absinthe, soupçonnée de rendre fous ceux qui en abusent. La consommation de vin est d’environ 1 litre par jour. Ce n’est pas par hasard si le bistrot qui donne son titre à l’un des romans de Zola s’appelle L’Assommoir.

Le restaurant de l’Opéra est un établissement très distingué qui reflète non seulement la façade d’en face, mais aussi le crâne dégarni des garçons dont le nœud papillon semblait vouloir imiter la moustache. A l’assurance de la pose ou col bien amidonné et au gilet boutonné jusqu’en haut, on reconnaît le patron et son fils. La fille de celui-ci se montre déjà assez possessive. L’un des hommes en tablier blanc a envoyé cette carte à ses parents en Bretagne. Au dos, on peut lire.

Chers parents, je vous envoie ma photographie en garçon de café.
Votre fils qui vous embrasse bien fort.
François.

Maxim’s est devenu en fait d’un endroit où les cochers venaient s’encanailler avec les cocottes et s’amusaient dans les étages en fait. Après avoir pris un verre, l’aristocratie a commencé à venir s’amuser, en fait. Dans ce lieu, les gens sur cette photo, c’est le garçon de café typique de l’époque, on voit l’élégance des gens. En fait, je trouve des gens à l’époque avec le nœud papillon, le service qu’ils n’ont pas, le tablier blanc, mais ils ont le frac, le pantalon, le pantalon noir, le nœud papillon, le gilet. Et je trouve que Maxim’s, c’est vrai, ça devait être un café à l’époque. Tellement joyeux et tellement festif, les jeunes.

Le métier de serveur donne lieu, comme tant d’autres à l’époque, à un concours. Une fois par an, le 14 juillet, on peut voir les garçons de café tenant un plateau avec verres et bouteilles se lancer dans une course sur les boulevards, encouragés par un public nombreux. Courir n’est toutefois pas autorisé. Il faut marcher le plus vite possible et arriver sans rien renverser, bien entendu.

Les toutes premières automobiles pétarade à travers la capitale dès la fin du 19e siècle, mais ce n’est qu’au début du 20ème que l’automobile commence à faire partie du paysage urbain. Le monstre motorisé s’est laissé domestiquer. On ne le regarde plus d’un œil anxieux ou méfiant.

Les bruits de la rue ont changé. Hommes et bêtes sont certes toujours assez bruyants, mais à leur brouhaha s’ajoutent désormais de plus en plus souvent celui des moteurs, qui ne s’appelle pas moteur à explosion pour rien. Même lorsque c’est une femme qui tient le volant, à moins que cette dame à chapeau blanc ne règne sur ce monstre poussiéreux que le temps de la photo. Elle pourrait bien être l’épouse d’un patron d’usine ou d’un sous-préfet. Une descendante de Madame Bovary rattrapée par le progrès, son regard rêveur se perd dans le vague tandis que sa petite fille regarde fixement l’objectif.

Un accessoire important de l’automobile le klaxonne. La circulation sur les Grands Boulevards a beau être assez dense, déjà en ce début de siècle, de large partie de la ville demeure réservée aux piétons et donc à des gens qui ne s’attendent pas à voir foncer sur eux, un véhicule motorisé. Avec le nombre d’automobiles, les accidents se multiplient et c’est encore une automobile qui vient vous secourir quand apparaissent les premières ambulances motorisées. Enfin, si vous pouvez vous l’offrir à l’époque, seuls les malades et les accidentés les plus fortunés ont la chance d’être allongés sur des coussins douillets pour être conduits à l’hôpital par le chauffeur en uniforme d’une ambulance métropolitaine.

En très peu de temps, la bicyclette devient non seulement un moyen de locomotion très répandu, mais aussi une occasion de pratiquer un loisir sportif. Des magasins et garages à vélos surgissent à tous les coins de rue. Devant le magasin Ardon, à cause à l’embouchure de la Garonne, se prépare une course de vélo depuis le café en bas. Tous les regards sont tournés vers le photographe qui s’est installé sur un balcon pour immortaliser cette petite foule avant qu’elle ne se mette en mouvement. Le gagnant sera-t-il cet homme dont la poitrine est ornée d’un trèfle à quatre feuilles?

Voilà donc, il y a, en même temps que cette photographie de commerce, une photographie d’entreprise où on voit les mêmes scénographies, des portraits de groupe avec les employés et les ouvriers, mais dans un cadre qui est celui d’une usine ou d’un chantier. On a vraiment cette nouvelle idée qui n’existait pas au 19ème siècle, que l’univers du travail peut devenir un sujet iconographique. Donc ça, c’est tout à fait nouveau.

Pour la première fois, de simples ouvriers, des artisans, des cordonniers ou des milliers sont pris en photo dans leur environnement quelquefois misérable. Qu’ils puissent être l’objet d’une photographie, les fait monter dans leur propre estime et leur donne une assurance nouvelle perceptible sur de nombreux clichés.

La devanture, c’est le cadre, mais les personnes ont tout autant d’importance. C’est vraiment de la relation entre les deux qu’il s’agit, parce que ces gens travaillent là. Où sont les propriétaires du commerce ? Les patrons et employés forment une sorte de grande famille élargie.

En France, c’était comme une carte de visite. Les commerçants étaient fiers de leurs magasins, alors ils se faisaient photographier devant avec le chien, le voisin et dans leur plus belle tenue, les robes de ces dames étaient délicatement repassées. Et voilà le peintre avec ses ustensiles. Les employés Indiens ou Sénégalais de ce marchand de thé posé eux aussi, ils se sentaient Français.

Les blanchisseuses se faisaient toujours photographier avec les manches retroussées. Ces gens avaient une extraordinaire conscience de soi et le montraient. On faisait un usage d’autant plus important de linge propre qu’on ne se laver pas souvent de la tête aux pieds. À Ermont, au nord de Paris, les blanchisseuses passaient chaque journée de la semaine agenouillés devant le lavoir. C’est à leur main qu’on les reconnaît, après avoir passé des années à frotter les tissus avec des produits détergents, elles auraient été bien en peine de passer pour des bourgeoises, même avec la plus belle des robes en soie et la meilleure des manucures.

Les deux femmes corsetées pourraient bien être la patronne et sa belle-fille. Avec la taille sanglée de la sorte, il est peu probable qu’elles aient pu se pencher à longueur de journée sur la voir. La blanchisseuse au centre de la photo paraît âgée et pourtant, elle n’a sans doute pas plus d’une cinquantaine d’années. A la vue de ce corps marqué par le labeur, on peut s’interroger sur l’expression la belle époque.

Quand il fait beau, les couturières travaillent dans la cour, à moins qu’elles ne soient sorties spécialement pour la photo. Les deux chapelières à l’arrière-plan sont occupés à fabriquer patiemment une œuvre d’art à plusieurs étages.

Elles font penser au personnage de Madame la mort, chantée par Rilke.

Une modiste qui enroule et tord rubans sans fin les routes sans répit de la Terre, invente à partir d’elle le rucher Coquart nœuds, fleurs et fruits artificiels.

Une autre image qui est vraiment caractéristique de la fin du 19e siècle, c’est la maison bourgeoise à frère fabrique de fleurs. C’était une grande industrie que la fleur artificielle au 19e siècle et toutes ces jeunes femmes, toutes ces jeunes filles qui sont au premier plan. Ce sont ces petites midinettes qui ont été gravées ou peintes par elles, par Boldini, par Stellen et qui sont là au premier plan.

Et sur le côté, on voit deux hommes qui sont en train de regarder des papiers là, qui regardent par-dessus l’épaule de l’autre. Et c’est une deuxième boutique cachée qui s’appelle Office Central des recherches et diligence, ce sont des gens qui font de l’espionnage et de la filature et jouent le personnage, leurs personnages. Ce sont donc deux boutiques qui sont représentées.

Et contrairement à beaucoup d’autres images de la collection, beaucoup vergue. Si on regarde le visage de toutes ces femmes, il y en a au moins la moitié qui sont ravissantes. Ce qui est une exception dans le genre, la collection Kohlberg.

Tandis que les femmes du peuple ont pour habitude de ramener simplement leurs cheveux en chignon au-dessus de leur tête, le coiffeur pour dames élabore des coiffures extravagantes à l’aide de postiches. Il vend également toutes sortes d’accessoires et de perruques sans lesquelles, en ce début de siècle, une femme du monde ne serait pas sortie de chez elle. Il propose par ailleurs des lotions, des brosses, des massages électriques ainsi que des manucures.

Dans la mode enfantine, les différences de classe ne sont pas moins marquées que chez les adultes. Chapeaux sophistiqués, robe à dentelle et gants blancs prouvent assez clairement que les petites élèves de l’École catholique de la Compassion, rue Saint Simon, viennent de familles aisées. La gerbe de fleurs indique un jour férié, la Pentecôte peut être. Au fond, à droite s’estompe une silhouette de bonnes sœurs.

Depuis Jules Ferry, depuis la fin du 19e siècle, l’enseignement est obligatoire pour les garçons et les filles à partir de 6 ans. Cet enseignement se doit d’être laïque. L’instruction religieuse est dispensée le jeudi, journée libérée.

Tandis que l’aristocratie se permet quelques extravagances vestimentaires, la mode bourgeoise tend plutôt vers la correction et la dignité. L’habillement est un moyen de se différencier du peuple, y compris pour les petits commerçants et les employés. Rue Clapeyron, Monsieur et Madame Du Thiers proposent un travail de tailleur soigné, et des costumes pour hommes aux coupes élégantes. Non seulement les habits, mais toute la personne doive ressortir de cette boutique sensiblement raffermie. Sur ce cliché, l’éduquer se tiennent devant leur boutique, raides comme des figurines d’une horloge de beffroi. On s’attendrait presque à ce qu’il se mette en branle avec des mouvements saccadés d’automates. Le col de monsieur est tellement amidonné qu’il donne à son cou l’allure d’un tuyau aussi large que sa tête qu’il semble ainsi maintenir en place. La rigidité est d’ailleurs l’un des idéaux aujourd’hui disparu de la mode bourgeoise masculine. Il y a plus d’un siècle, le streetwear et le look casual ou décontracté sont encore inimaginables.

Le poète Mallarmé se moque du symbole du bourgeois par excellence, le chapeau haut de forme auquel il attribue quelque chose de sombre et de surnaturel, selon ses propres mots. Il y voit un signe, qui sait solennel, d’une supériorité et pour ce motif, une institution stable.

Paris et jusqu’à nos jours, l’une des villes européennes qui compte le plus de petits commerces. Chaque quartier a plusieurs boulangeries, au moins une boucherie, un fromager, un caviste et un imprimeur. De façon mystérieuse, le produit proposé à la vente semble déteindre sur l’apparence des marchands. Ainsi, les crémiers finissent par avoir une apparence laiteuse.

Au teint clair de la patronne répond le tablier blanc amidonné fraîchement repassé comme dans un tableau de Vermeire.

Le patron semble lui aussi avoir fait quelques efforts d’assimilation qui ont dû passer par une belle consommation de crème. Et comme les enfants étaient bien élevés autrefois d’ailleurs, même les fruits et légumes semblent sages comme des images dans cette boutique.

Ce marchand de poisson parisien est aussi fier de son énorme thon que s’il venait de le péché de ses propres mains.

Meilleurs vœux pour la nouvelle année, écrit-il à un ami.

Je vous envoie la photo d’un ton que j’ai vendu en septembre.

Vous remarquerez ce monstre marin, le plus gros vendu jusqu’à ce jour.

Au Moyen Âge, le métier de boucher inspiré à la fois de la crainte et du dégoût. Pendant longtemps, les bouchers passent pour être cruels, pillards et souvent. C’est seulement au bout de plusieurs siècles d’efforts qu’ils parviennent à se faire une réputation honorable. Au début du XXe siècle, ceux des grandes villes ne s’occupaient déjà plus eux-mêmes de l’abattage. À Paris, ce travail est relégué à la périphérie, aux grands abattoirs de la Villette. Le tablier du boucher cesse d’être taché de sang. Le propriétaire d’une belle boucherie se transforme en fier bourgeois, tandis que l’abattage se pratique de plus en plus à l’abri des regards. Pourtant, sur les photos, les amateurs de bestiaux montrent eux aussi une certaine conscience de leur valeur en exhibant leurs outils et leurs bras musclés.

Qu’est-ce que nous avons ici? Une très belle boucherie, ça Mr Bouchard laisse des traces. Grâce à la qualité de sa viande, la famille vient de gagner le deuxième prix d’un concours régional. Cet animal a la queue en rubané a sans doute été présenté au concours, mais Ventana, de la robe de ses bœufs et ses nuances sont magnifiquement rendues.

La Boucherie du Four, à Paris, non loin de l’élégant quartier de la Madeleine, est incontestablement un établissement fort distingué. Peut-être M. Dufour a-t-il fourni par le passé la famille Proust, qui a vécu dans le voisinage jusqu’en 1900. Dans « À la recherche du temps perdu », Proust écrit. « C’est l’enchantement des vieux quartiers aristocratiques d’être à côté de cela populaire.

Le maître Boucher n’est pas peu fier de son métier. Il prend une pose de torero comme si, avant d’en vendre la chair, il devait d’abord affronter le taureau. Gigot d’agneau et filet de bœuf sont également livrés à domicile. De diligents livreurs sont prêts à enfourcher leur vélo et à se frayer un chemin à grands coups de sonnettes.

Toutes les photos sont toujours bien éclairées et donc en permanence, ça a été. Ce n’est pas fait comme ça au débotté en 5 minutes, c’est très préparé, c’est contrôlé. Il faut les penser plutôt comme des tournages de films et ou là, il y a une partie des gens qui sont bloqués toute une après-midi pour faire plusieurs photos. Après, on choisit la meilleure, etc. Donc c’est tout. C’est toute une affaire.

En France, le pain a toujours été un objet hautement politique. En 1791, dans les grandes années de la Révolution marquée par la famine, on décide que le prix du pain sera désormais fixé par la loi et à l’exception d’une brève interruption, il en est resté ainsi jusqu’en 1987. Comme on peut le voir sur les photos, le boulanger est conscient de son rôle essentiel. C’est lui qui fournit l’aliment de base de la population. Par ailleurs, il tâche de remplir ses caisses en proposant toutes sortes de pâtisseries et de pains spéciaux. Les tabliers des boulangers ont une coupe particulière. Une fois la longue pointe de tissu détaché de la ceinture, le tablier devient un sac en toile qui peut contenir quantité de pain. Le pain le plus long n’est guère plus petit que la femme qui le présente fièrement au photographe. Les mitrons, eux, affichent surtout leur bras rendu vigoureux à force de pétrir jour après jour d’énormes quantités de pâte à pain.

La photo faisait bien le caractère de la personne. Non seulement on n’a pas intérêt à lui chercher des noises à cette femme interrompu dans son travail de livraison de pain. Elle a l’air de dire Allez qu’on en finisse puisque vous venez m’embêter, allons y. Pas de chance, car elle a du caractère sérieux. C’est une personnalité forte et sérieuse, qui demeurera malheureusement anonyme. Presque aucune des personnes représentées sur ces photos n’a pu être identifiée. Nous ne connaissons que le nom des commerces et la date approximative.

Beaucoup de denrées que nous achetons aujourd’hui, conditionnés et prêtes à la consommation, devaient à l’époque être transformées à domicile ; moulu, par exemple. Aussi, le nombre d’accessoires ménagers était-il considérable, de même que les quincailleries.

Au milieu de tous ces accessoires, on pouvait à l’occasion trouver des couronnes mortuaires dans la fabrication de ces couronnes était non seulement un art en soi, mais elle avait donné naissance à toute une branche de commerce. Les couronnes mortuaires en perles de verre jouissaient d’une grande popularité. Chacun de ces ornements funéraires fort sophistiqués exigeait des milliers de perles de verre enfilés sur du fil de fer de loin et vu d’aujourd’hui. Ils évoquent des napperons en dentelle. Lors d’un enterrement, mais aussi à la Toussaint et les jours de commémorations militaires, ces couronnes étaient portées à travers les rues, puis déposées sur une tombe ou devant un monument. Leur fabrication exigeait tout un savoir-faire qui a entièrement disparu aujourd’hui. Cela demandait non seulement une grande habileté, mais aussi la dignité. D’une manière générale, on prenait la dignité très à cœur dans la profession. Cela commençait bien entendu par la tenue vestimentaire. Il fallait des habits noirs pour lesquels cette élégante boutique fournissait les tissus. Avec ces cinq femmes portent visiblement leurs marchandises sur elles et affichent la mine grave qui va avec, telle que nous la voyons fièrement campé au-dessus de ses employés sur le seuil du magasin. La patronne aurait été tout aussi crédible dans le rôle de la reine Victoria. Elle regarde l’objectif avec condescendance et nous pouvons supposer qu’elle régnait plutôt sévèrement sur ses sujets. Cette sombre boutique s’appelait à la Couronne d’immortels et, curieusement, était située boulevard de Bonne Nouvelle.

Des nouveaux aspects de la modernité font leur apparition sur ces cartes photo. Voici une de mes photos préférées. Elle montre une agence de publicité. Cet homme a inventé un nouveau procédé qui permet de transformer les trottoirs en supports publicitaires. C’est très drôle et graphiquement impressionnant.

Grâce à une invention américaine, les vitrines se sont subitement agrandies. Mais demain, il y en aura-t-il encore? Une part de civilisation disparaîtra avec elle, mais nous aurons autre chose à la place. Les devantures deviennent inutiles puisque chacun en a désormais une petite sur son portable pour attacher à des vitrines telles que nous les connaissions, il n’y en aura plus.

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