Amundsen au pole sud

 

[00:34] – Patrick
On se souviendra longtemps de l’été 1911, tout simplement parce qu’il y fit très chaud. Il y a eu une vague de chaleur qui s’est abattue sur l’Europe, atteint des températures supérieures à 30 degrés Celsius pendant 15 jours, 40 000 morts supplémentaires en France. On accuse le gouvernement et pas encore le changement climatique.
[00:55] – Patrick
Oui, c’est ça qui fait date en 1911, c’est la chaleur.
[01:00] – Patrick
Et pourtant, à l’autre bout du monde, c’est les froids extrêmes qui s’apprêtent à affronter un Norvégien, Roald Amundsen et son équipage. Il est en hivernage dans la baie des Baleines. Il est au bord de l’Antarctique et il s’apprête à partir à la conquête du pôle Sud. Ces images ont été tournées en 1910 par l’un des l’expédition.
[01:35] – Patrick
Nous sommes encore au début de l’usage documentaire du cinématographe, mais l’un des moyens de financement sur lesquels compte Amundsen, ce sont déjà les conférences agrémentées de films et de photographies qu’il a prévu de donner à son retour. Le héros de cette aventure, c’est lui, donc, Roald Amundsen. Né en 1872, il a décidé, à 18 ans, de devenir explorateur polaire en lisant le récit des exploits des Norvégiens qui, avant lui, ont affronté le Grand Nord. Et notamment, Fritkopf-Nansen, futur homme d’État, dont le nom reste attaché au passeport Nansen pour les Apatrides, qui lui vaudra le Prix Nobel de la Paix en 1938. En 1905, Amundsen se fait un nom en devenant le premier navigateur à franchir le passage du Nord-Ouest qui relie l’océan Atlantique à l’océan Pacifique dans le Grand Nord canadien. Mais 1905 est également l’année où la Norvège obtient son indépendance. C’est un pays moderne où les femmes ont le droit de vote, un pays neuf en quête d’une identité qu’Amundsen rêve de lui offrir en plantant le drapeau norvégien au pôle Nord.
[02:55] – Patrick
Il a tout organisé pour arriver au pôle Nord. C’est son idéal, c’est son rêve. Il a réussi à faire partager cet idéal et ce rêve à beaucoup de Norvégiens, à la société géographique, à une série de philanthropes qui participent d’une grande subvention. Le roi même y participe. C’est son plan, c’est son objectif. Et pourtant, à l’été 1911, son navire, le Fram, mouille dans la baie des baleines, c’est-à-dire à l’autre bout du monde. Un Norvégien au pôle Sud. C’est ça l’histoire de 1911. Le 14 décembre en 1911, c’est le drapeau d’un des pays les plus septentrionaux du monde, la Norvège, qui va être planté dans la banquise du pôle Sud. Quelle chose étrange. C’est cette étrangeté qu’il nous faut raconter.
[04:04] – Patrick
C’est ici, sur les rives du Bound fjord, au sud d’Oslo, que tout a commencé. Ici que se dresse la statue d’Amundsen, tout près de la maison où il a vécu et où il a élaboré les plans de son expédition, lisant avec passion les récits de ses prédécesseurs. Une maison qu’il devra hypothéquer pour compléter le financement de son expédition. Il a déjà obtenu le soutien de Fritkopf-Nansen, qui met à sa disposition son bateau, le Fram. Ce bateau très particulier, dont le nom signifie « en avant », est devenu, depuis les années 1930, un musée consacré aux expéditions polaires norvégiennes. On y visite l’intérieur de cette goélette à trois mâts que Fritkopf-Nansen a imaginé 20 ans avant qu’Amundsen l’utilise au pôle Sud pour affronter le pôle Nord. La proue du Fram, renforcée de bandes de fer et sa coque arrondie, épaisse de soixante centimètres ont été conçus pour permettre au navire d’être soulevé par les glaces plutôt que d’être broyé. Et ça marche. Entre 1893 et 1894, Nansen, avec 12 à bord, a passé deux hivers sur le Fram, pris dans les glaces de l’Arctique, en espérant dériver jusqu’au pôle Nord. Puis, déçu par la lenteur de cette dérive, il s’est lancé en direction du pôle à l’aide de skis et de traîneaux à chien, parvenant jusqu’au 86ème degré de longitude nord. C’est cette technique qu’Amundsen réutilise huit ans plus tard au pôle Sud.
[05:57] – Patrick
Sur nos planisphères, l’Antarctique, ҫa paraît tout petit, mais c’est parce qu’au fond, notre système de projection cartographique ne lui affecte pas les mêmes proportions que les autres parties du monde. En fait, l’Antarctique, c’est un dixième des terres émergées sur le globe. On peut dire aussi que c’est le dernier continent. Le dernier continent à avoir été nommé, le dernier continent à avoir été dessiné, représenté, le dernier continent à avoir été exploré.
[06:33] – Patrick
Le nom même d’Antarctique est un nom en négatif, en creux. Si l’Arctique, au nord, tire son nom de Actos, l’ours, en grec, à cause de la constellation de la Petite Ours à laquelle appartient l’étoile polaire, l’Antarctique, au sud, n’est rien d’autre que l’Anti-Arctique. Ces antipodes, où l’on marche à l’envers, les pieds vers le haut, offrent à l’imaginaire des géographes un vaste terrain vierge. Ptolémée le disait déjà au IIᵉ siècle, il existe à l’autre bout du monde une terre glacée où vivent des gens heureux qui ne travaillent pas.
[07:13] – Patrick
Quel est l’horizon de cette aventure. C’est un horizon géographique. On vise effectivement un continent imaginaire que l’on est en train de construire depuis la Renaissance comme une utopie. Et puis, c’est aussi une aventure politique. L’idéal dont ce nous, en somme, l’idéal de connaissance et l’entreprise d’État, la manière dont la compétition internationale et l’émulation scientifique s’articulent. Tout cela, d’une certaine manière, fait de l’expédition polaire le dernier chapitre des Grandes Découvertes. Après tout, on a dit d’Amundsen qu’il était le Christophe Colomb des pôles et son expédition ressemble beaucoup à celle de Christophe Colomb.
[08:07] – Patrick
Depuis le voyage de Colomb, puis les grandes circumnavigations de Cook, de Bougainville et de la Pérouse, le monde a été une première fois parcouru. Les côtes ont été frôlées. À partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, un autre temps commence où l’inconnu géographique s’est réfugié au cœur des continents. C’est le moment où est inventée l’expression le blanc de la carte, qui désigne à la fois l’inconnu géographique et la volonté de le faire disparaître. Les blancs des cartes ayant évidemment vocation à être comblés. Mais à mesure que le XIXᵉ siècle s’achève, ces blancs se réduisent. Et ce qui reste à explorer, ce sont précisément les régions polaires. Le thème est d’ailleurs exploité par plusieurs récits de fiction. Edgar Allan Poe écrit Le Grand roman du pôle Sud en 1838, Les Aventures d’Arthur Gordon Pym, tandis que Jules Verne publie celui du pôle Nord, Les Aventures du Capitaine Hatteras, en 1866. À Londres, en 1895, le 6ème Congrès international de géographie adopte la proclamation suivante: L’exploration des régions antarctiques est le travail géographique le plus important à entreprendre avant la fin du siècle.
[09:38] – Patrick
On peut se poser la question de l’enjeu véritable de ce travail géographique. S’agit utile seulement de gains de connaissances ? D’une certaine manière, c’est ainsi que les grandes découvertes se racontent et se justifient. L’Europe aurait l’exorbitant privilège de la curiosité du monde. Le rêve des pôles est peut-être l’idéal pur de la grande découverte, car il n’y aura pas de conquête, il n’y aura pas d’extermination, il n’y a que des gains de connaissances à obtenir dans cette aventure et aussi ce qu’on appelle la gloire et que l’on commence justement à construire comme une mystique de l’aventure.
[10:33] – Patrick
Au début du XXᵉ siècle, cette aventure conquérante et colonisatrice des empires européens se transpose sur le terrain de la compétition sportive. Celle-ci, évidemment, a partie liée avec les rivalités nationales. Nous sommes au temps de la réinvention des Jeux Olympiques, à Athènes, en 1896, à Paris, en 1900, à Stockholm, en 1912. Mais le plus important est ailleurs. Le triomphe du sport accompagne l’affirmation des nationalismes. Dessinés par Pierre de Coubertin, les anneaux olympiques représentent peut-être les cinq continents, mais leurs couleurs reprennent celles des drapeaux nationaux. Et ce sont bien des équipes nationales qui s’affrontent lors des épreuves olympiques. Dans ce contexte, la conquête du sixième continent peut être considérée comme une nouvelle épreuve sportive.
[11:36] – Patrick
Il y a plein de manières de décrire le rapport entre l’exploration des pôles et le sport. On aura remarqué que ces explorateurs étaient sportifs. Ils font du ski, ils font du patin à glace, mais ce n’est pas que ça. Ce qui est déjà développé dans cette première décennie du XXᵉ siècle, c’est ce qu’on pourrait appeler le sport-spectacle. C’est-à-dire qu’on est déjà dans une grande industrie du sport. Les courses, les courses cyclistes, évidemment. On pense au Tour de France, qui est créé en 1903 par le journal L’auto, bientôt les courses à voile. C’est que d’une certaine manière, cette compétition sportive, elle donne plus que le cadre, l’énergie de l’histoire que l’on a à raconter.
[12:32] – Patrick
Le développement du sport-spectacle va de pair avec celui de la presse. Le XXᵉ siècle sera l’âge du sport, ce sera aussi le grand siècle des journaux. Et le récit des explorations polaires se raconte sur le mode du feuilleton. À la une du Petit Journal de septembre 1909, on découvre un duel au sommet, ou plutôt au pôle Nord, entre deux explorateurs rivaux. À droite, Robert Peary, ingénieur dans la Navy américaine, affirme y avoir planté le premier la bannière étoilée. À gauche, Frederick Cook, son ancien médecin de bord, prétend être arrivé avant lui. S’ensuit une polémique violente par journaux interposés. Une polémique qu’Amundsen, en plein préparatif pour sa propre expédition, découvre avec consternation.
[13:25] – Patrick
Peary ou Cook, ce qui est certain, c’est qu’un Américain a planté la bannière étoilée sur le pôle Nord. Et voilà pourquoi Amundsen fait vol de face. Parce que de toute façon, il n’y a plus rien à gagner au pôle Nord. Voilà pourquoi il s’apprête à aller conquérir le pôle Sud à l’autre extrémité de son rêve, sans avoir prévenu son équipage, sans avoir prévenu Nansen, qui lui a prêté le bateau, le Fram, sans avoir prévenu le roi de Norvège, sans avoir prévenu personne.
[14:07] – Patrick
Un mois après leur départ d’Oslo, Amundsen annonce à ses hommes que le pôle Sud est leur nouvel objectif. La réaction de l’équipage, écrit-il dans son journal, est unanime et enthousiaste. Ils mettent donc le cap vers l’Atlantique Sud et les mers polaires australes. Mais en antarctique, il va falloir se battre car il a un sérieux concurrent. C’est Robert Falcon Scott, un Anglais, officier de la Navy, qui a déjà organisé une grande expédition en Antarctique en 1901.
[14:46] – Orateur
Les éléments semblaient vouloir préserver les secrets de l’Antarctique contre toute incursion. Mais les savants explorateurs passèrent à travers la banquise pour atteindre les hauts plateaux glacés.
[14:59] – Patrick
Scott a fait le choix d’une expédition lourde avec des véhicules à chenilles et des chevaux de mandchouris pour tirer ses traîneaux. Mais les chevaux, trop lourds et trop peu résistants, sont bientôt remplacés par les hommes qui doivent s’atteler eux-mêmes à leurs traîneaux. Amundsen, lui, a suivi l’exemple de Nansen. Il utilise des chiens d’attelage du Groenland. Ça va beaucoup plus vite, d’autant qu’il a prévu de sacrifier ses chiens au fur et à mesure du voyage pour compléter l’alimentation de ceux qui restent.
[15:44] – Patrick
Les deux équipes se rencontrent au bord de l’Antarctique en janvier 1911. Elles partagent leur plan, elles se souhaitent bonne chance. C’est comme, au fond, deux champions qui se perd la main sur la ligne de départ, la course commence.
[16:07] – Patrick
Au début du printemps austral, Amundsen et quatre de ses hommes partent à l’assaut du pôle Sud. L’utilisation de chiens et de traîneaux permet de maintenir une moyenne de 28 kilomètres par jour. Et après l’ascension d’un glacier à 3 200 mètres, ils atteignent le plateau polaire qu’ils baptisent: Haakon VII du nom du roi de Norvège. Le 14 décembre, après deux mois de voyage, il plante une tente surmontée du drapeau norvégien au pôle Sud. Dès son voyage retour vers la Norvège, Amundsen se lance immédiatement dans la rédaction d’un récit dont il a vendu les droits à un journal anglais, le Daily Chronicle. Pour l’évoquer, nous avons rendez-vous dans sa maison, au bord du Boune de Fjord, avec Sylvain Venert, historien de l’aventure et des récits de voyages.
[17:09] – Sylvain
Pour Amundsen, quand il rentre du pôle, son ambition, comme il l’écrit lui-même dans son récit, c’est d’être le premier sur le marché. Il faut que non seulement l’opinion publique mondiale apprenne que, comme il l’écrit aussi, le pôle lui appartient, puisqu’il a été le premier à parvenir au pôle Sud, mais le problème qu’il a, le problème, le principal problème d’Amundsen, c’est que quand il part, il part pour le pôle Nord. Que ce qu’il a vendu comme récit à venir, c’est un récit du pôle Nord. Et il l’a vendu en particulier à l’opinion publique norvégienne.
[17:44] – Orateur
Le bateau d’Amundsen, son vieux et fidèle Fram, revient en Norvège vainqueur et pavillon hissé. Cinq hommes, 50 chiens et quatre traîneaux avaient réussi une magnifique expédition qui méritait bien l’accueil enthousiaste qui leur était réservé.
[18:03] – Patrick
Un de ses problèmes quand il publie son récit, c’est de justifier ce passage du pôle Nord au pôle Sud. Amundsen fait très attention, il le dit à plusieurs reprises, à ne pas passer pour un homme qui cherche absolument à battre un record, alors qu’en réalité, c’est absolument ce qui a changé ses plans, c’est ce qui fait qu’il est passé du pôle Nord au pôle Sud. Donc, pour ça, il va mettre en place plusieurs stratégies textuelles, et notamment l’une d’entre elles est de de bien insister sur le fait que son exploration a une dimension scientifique. Donc, la totalité des références du récit sont des références scientifiques, en tout cas ce qu’on considère à l’époque comme des références scientifiques, c’est-à-dire les grands récits d’exploration, depuis Cook et Ross, jusqu’à Scott et Shackleton. Le récit d’Amundsen est conforme au récit d’exploration, en ce que lui et ses hommes procèdent à cette espèce de cérémonie qui était celle des explorations du XIXᵉ siècle, c’est-à-dire qu’ils nomment les lieux où ils arrivent. Ils les nomment en fonction de leur origine nationale. C’est comme ça qu’on a un plateau à Concet en Antarctique, mais ils les nomment aussi en fonction, tout simplement, des hommes qui étaient là.
[19:11] – Patrick
Ils les nomment aussi en fonction de l’impression que ces lieux font sur eux, comme par exemple la salle de bal du diable, qui est ainsi nommée quand ils arrivent dans un endroit particulièrement inhospitalier. Et ce geste d’appropriation symbolique de l’espace, c’est la dernière fois qu’on va pouvoir le faire à sur Terre.
[19:33] – Patrick
Amundsen est donc le premier sur le marché. Sa photographie du pôle est reproduite partout. Mais une autre image et un autre récit vont bientôt recouvrir ceux d’Amundsen. Le 17 janvier 1912, Scott parvient à son tour au pôle Sud, moins d’un mois après son concurrent. Les membres de l’expédition, visiblement extrêmement exténuées par des conditions extrêmes, posent devant un drapeau qui n’est pas le leur, témoin de leur échec. Ces photos ont été retrouvées seulement en novembre 1912, près des corps gelés de Scott et de ses compagnons.
[20:17] – Patrick
Dans le chemin du retour, un à un, les membres de l’expédition Scott meurent. Et lorsque Scott lui-même meurt, il a laissé une lettre au peuple anglais où il écrit que s’il avait vécu le récit de l’exploit, du courage de ses compagnons aurait touché tous les cœurs anglais. En Angleterre, Scott devient un héros national. La grande cérémonie funèbre qu’on lui consacre est un grand moment d’exaltation de ce héros anglais. Amundsen est en train de perdre la bataille de la mémoire. Et pendant ce temps-là dans le monde, tandis que les explorateurs polaires, avec leur visage glabre et leur moustache fines donnent à voir un nouvel idéal de virilité, plus sportif que martial, l’international socialiste célèbre le 19 mars 1911, la première journée de la femme, pour y réclamer notamment ce droit de vote qu’avaient déjà obtenus les Norvégiens.
[21:33] – Patrick
1911, c’est d’ailleurs l’année où Marie Curie reçoit le Prix Nobel de chimie pour ses travaux sur la radioactivité. Le 1ᵉʳ juillet, l’envoi d’une canonnière allemande dans la baie d’Agadir provoque un grave incident diplomatique avec la France. En septembre, l’Italie commence la conquête coloniale de la Libye, utilisant pour la première fois l’aviation comme arme de guerre. En Afrique, la Première Guerre mondiale commence donc avant 1914. Le 31 mai de la même année, 1911, on lance à Belfast le plus grand paquebot du monde, à grand renfort de publicité. Désormais, on pourrait circuler d’un bout à l’autre de la planète de manière confortable et sûre. Son nom, le Titanic.
[22:26] – Patrick
Depuis 1911, le temps du monde finit à commencer. Et la finitude du monde porte aussi en elle l’inquiétude de la fin du monde. Car si le monde est fini, si l’humanité a définitivement rempli les blancs de la carte, que reste-t-il, sinon à s’inquiéter de la préservation de la Terre, la préservation de la Terre la préservation de la Terre et de l’humanité. Évidemment, d’autres territoires de l’aventure vont s’ouvrir. C’est le moment, en somme, où cette culture de l’exploration trouve ces derniers refuges dans l’imaginaire, dans l’espace, dans les abysses océaniques ou au sommet des plus hautes montagnes du monde.
[23:30] – Patrick
C’est dans les airs que cette mystique de l’aventure va dès lors se prolonger, car le grand absent de l’histoire qu’on vient de raconter, c’est l’avion qui s’apprête à inaugurer un autre âge de la connaissance de la Terre. Amundsen accompagne cette mutation. En 1918, il passe son brevet de pilote et après plusieurs tentatives infructueuses en avion, c’est le 11 mai 1926 qu’il parvient enfin au pôle Nord, à bord d’un dirigeable bouclant en quelque sorte le voyage commencé en 1910. Un demi-siècle plus tard, les carottages dans la glace des régions polaires permettront de retracer l’histoire du climat terrestre sur la longue durée. C’est là qu’on a découvert en premier les dégâts infligés à l’atmosphère de la Terre par les activités humaines. Là que l’origine entropique qui a du changement climatique a pu être démontrée.
[24:35] – Patrick
Cent ans plus tard, qu’est-ce qu’on trouve au pôle Sud ? On ne trouve plus un drapeau norvégien. On trouve une station scientifique dont le nom même, Station Admundsen-Scott, dit que dans la mémoire des hommes, désormais, les deux rivaux du Pôle sont arrivés ex aequo. Parce que ce qui nous importe vraiment aujourd’hui. C’est moins l’histoire sportive, glorieuse, virile des aventuriers que celle commune de ce continent de savoir qu’est l’Antarctique, car c’est en Antarctique aujourd’hui et avec la prise de conscience par la fonte des glaces du changement climatique, que s’éprouve l’unité du globe comme communauté de destins et de dangers.

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