Le jump scare

https://wheresthejump.com/

https://www.youtube.com/@NowYouSeeIt

0:00 De multiples facteurs peuvent faire qu’un film d’horreur est raté.
0:03 Un scénario moisi, des effets spéciaux grossiers, des méchants ridicules ou des acteurs qui jouent comme des parpaigns…
0:15 Mais il y a autre chose qui peut expliquer qu’un film ne vous laisse pas un souvenir impérissable : jump scare.
0:25 Le jump scare, c’est quand vous sursautez dans votre siège parce que quelque chose vient soudainement de se passer à l’écran, le plus souvent avec bruit ou une musique très forte.
0:53 C’est la technique la plus basique qui soit pour faire peur, et elle remonte à loin.
0:57 On la retrouve déjà dans La Féline de Jacques Tourneur, Répulsion de Polanski ou Seule dans la nuit de Terence Young.
1:16 Mais c’est surtout à partir des années 1980 avec l’arrivée des slasher movies (les films dans lesquels un tueur, souvent masqué, s’en prend à un groupe de jeunes gens et généralement à l’arme blanche) comme Halloween ou Vendredi 13, que la pratique du jump scare va se généraliser.
1:28 Et, aujourd’hui, il y en a tellement que l’on peut même définir des sous-catégories, dont certaines frisent le cliché, comme la menace qui apparaît subitement dans le miroir ou la fausse alerte. Comme le chat par exemple.
1:53 En répertoriant tous les jump scares contenus dans plus de 400 films d’horreur, le site américain Wheresthejump a démontré que cette technique était aujourd’hui bien plus utilisée qu’auparavant.
2:02 Après le pic des années 1980, le niveau se maintient aujourd’hui à 9 en moyenne par film d’horreur.
2:07 Tenez, pour illustrer cette tendance, prenez cette scène culte dans le film Ça adapté de l’œuvre de Stephen King en 1990 :
2:41 Et maintenant, comparez avec la même scène, telle qu’elle est présentée cette fois dans la bande-annonce du remake de Ça version 2017
3:02 D’un côté, un film qui, sans un seul jump scare, a créé toute une génération de coulrophobes (les gens qui ont peur des clowns).
3:09 De l’autre, un énième remake avec, dès les premiers instants, … un jump scare.
3:13 Ok, mais en quoi est-ce un problème ?
3:15 Le problème, c’est que trop de jump scares tue le jump scare.
3:18 Le cinquième volet de la série “Paranormal Activity”, par exemple, en contient 29.
3:21 Ce qui fait en moyenne un toutes les trois minutes.
3:24 Or, pour qu’un jump scare soit efficace, il faut qu’il soit l’aboutissement d’un processus.
3:29 Il faut qu’il y ait d’abord une attente, une tension qui monte petit à petit pour, finalement, être libérée d’un coup.
3:34 Mais ça, ça prend du temps.
3:35 Et si vous alignez des jump scares toutes les deux secondes, vous ne donnez aucune chance à l’ambiance de s’installer.
3:39 Ecoutez ce que disait Alfred Hitchcock :
4:02 L’image qu’a très souvent pris Hitchcock pour illustrer son propos, c’est celle de deux hommes discutant à une table.
4:07 Quand tout à coup une bombe explose.
4:10 En tant que spectateur, vous êtes surpris et choqué pendant quelques secondes.
4:13 Vous ne saviez pas qu’il y avait une bombe.
4:14 Mais si le réalisateur décide de vous faire savoir qu’il y a une bombe et qu’il laisse la scène durer et les personnages continuer à discuter de façon innocente, là, la tension monte, et vous obtenez du suspense.
4:30 Aligner les jump scares les uns derrière les autres, c’est donc un peu céder à la facilité.
4:34 C’est privilégier l’effet à court terme, le sursaut immédiat du spectateur, à celui de long terme, l’angoisse qui lentement s’installe.
4:41 En plus, il y a un effet d’accoutumance.
4:43 Plus il y a de jump scares, plus le spectateur va s’attendre à sursauter.
4:48 Et le risque, à force, c’est qu’il sorte complètement de l’histoire.
4:54 Mais alors est-ce que ça veut dire que le jump scare est forcément synonyme de mauvaise qualité ?
4:58 Non, bien sûr.
4:59 D’ailleurs si la différence entre un bon et un mauvais jump scare vous intéresse, je vous conseille la chaîne YouTube “Now You See It”
5:05 Son auteur, Jack Nugent, a consacré un épisode entier à la question.
5:09 Donc beaucoup de jump scares ne veut pas forcément dire mauvais film.
5:12 Mais de manière générale, on peut tout de même dire que plus le film en contient, moins il a de chance d’être bon.
5:17 Tenez en reprenant la base de données établie par le site Whereisthejump, j’ai fait un super graphique.
5:23 En abscisse, en bas, c’est la note des films sur le site IMDB.
5:26 En ordonnée, à gauche, c’est le nombre de jump scares.
5:29 La tendance est bien là : il y a, bien sûr, des exceptions mais, en général, plus un film est bien noté, moins il a de jump scares.
5:38 Et vous, quel est le jump scare qui vous a le plus fait sursauter au cinéma ?
5:42 N’hésitez pas à laisser votre commentaire.
5:44 Et comme disait Ewan…

  • parpaings
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  • La Féline de Jacques Tourneur
  • Répulsion de Polanski
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