La renaissance d’un avion de chasse

La renaissance du premier avion de chasse piloté par Roland Garros
Original on You Tube : https://youtu.be/UtP1a-ZLu_g

[00:00:12] J’ai imaginé le jour que je continuerais avec l’aide de tous mes copains, un avion. Ça, je ne l’avais jamais imaginé.

[00:00:20] C’est l’histoire d’un projet complètement fou depuis plus d’un an, à quelques kilomètres de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, un petit groupe de passionnés s’est lancé un défi exceptionnel, reconstruire l’un des fleurons de l’aviation française pendant la Première Guerre mondiale, le Morane-Saulnier type L, piloté par un certain Roland Garros.

[00:00:41] Héritage, c’est le nom de cette association de féru d’aéronautique. Ensemble, ils ont recréé tout l’outillage nécessaire pour faire voler cet avion de légende.

[00:00:56] Le plus grand ennemi, ce sera le vent sur ce type d’appareil parce que c’est des appareils, donc il y a un siècle, c’est une structure qui est légère. C’est des avions qui sont peu chargés au mètre carré et donc qui volent de manière lente, qui vont être sensibles à des rafales de vent.

[00:01:10] Ils sont une quinzaine dans l’Association de jeunes ingénieurs en aviation, comme Mickaël, 34 printemps, et une poignée d’anciens ouvriers en aéronautique, aujourd’hui à la retraite, comme Gérard, 83 ans. Il y a aussi Claude, 86 ans, le doyen de la bande, ou encore Jean-Claude, 79 printemps.

[00:01:37] Un , ça va, ça va où, on part en Amérique.

[00:01:39] Ce sont avant tout de grands enfants. Mais leur petit coucou, ils ne l’ont pas choisi par hasard.

[00:01:46] En 1911, la France vit les prémices de l’aviation lorsque Léon et Robert Morane, deux frères aviateurs, font la rencontre de l’ingénieur Raymond Saulnier. Ils décident alors de s’associer pour fabriquer un modèle qui va révolutionner l’aéronautique et devenir, pendant les premiers mois de 1915, le cauchemar des pilotes allemands.

[00:02:08] Cet avion donc, conçu comme avion de reconnaissance au début de la Première Guerre mondiale, on s’aperçoit qu’il est assez rapide. Et donc, l’idée, c’est de faire de la chasse. Et en 1915, on commence à voir apparaître les premiers types L., armé. Avec des mitrailleuses dans les premiers temps, c’est l’observateur qui maniait la mitrailleuse tant bien que mal, donc en essayant de tirer vers l’arrière. Et puis, on se dit ce serait mieux si le pilote pouvait amener l’avion derrière l’avion ennemi. Mais pour cela, il faut que la mitrailleuse puisse tirer à travers l’hélice. Et ça, c’est un brevet développé par Raymond Saulnier, qui a mis au point avec le fameux pilote Roland Garros pour pouvoir tirer à travers l’hélice.

[00:02:47] Et oui, celui qui a donné son nom à l’un des stades des tournois de tennis les plus mythiques était bien un aviateur. Roland Garros au printemps 1913 et même le premier à traverser la Méditerranée reliant Saint-Raphaël à la Tunisie en 8 heures de vol à bord du fameux appareil.

[00:03:04] Et donc, c’est un exploit qui l’a propulsé au rang des stars de l’époque. C’est l’aviateur convoité que tout le monde invite dans les dîners amis des vedettes de l’époque.

[00:03:20] Installé à quelques pas de l’aéroport de Tarbes, les membres de l’association profitent du tarmac pour réaliser les tests en extérieur.

[00:03:30] Voire procéder à la purge du moteur. On l’a démarré il y a peu après trois semaines ou au mois, et il faut le faire minimum, tourner une fois par mois pour faire les démarrages. Ces tests moteurs, on est obligé quand même de faire par beau temps parce que le moteur est à l’ère des circuits électriques qui ne sont pas protégés.

[00:03:50] Gilbert et ses acolytes se retrouvent trois fois par semaine. Plus qu’un hobby, c’est une véritable aventure humaine.

[00:03:57] Oui, c’est très passionnant. Ma femme n’en dirait pas autant. Elle est contente que je sois à la vie au lieu de réserver, me faire devant la télé et que je m’occupe, que c’est mon plaisir. On a encore pas mal de travail à l’atelier et il va falloir en donner. Et le but, c’est de le faire voler.

[00:04:15] Et justement, pour garantir la sécurité en vol, les ouvriers ont apporté quelques améliorations à ce modèle centenaire.

[00:04:21] Pour le protéger contre les intempéries, on applique un vernis sur le bois, un verni marin. Le bois ne va pas être altéré par les événements météorologiques. Il sera entièrement toilé, l’avion. La toile, elle, ne craint absolument rien par rapport aux intempéries, mais ne peut jamais garantir une étanchéité parfaite. On a des trous de drainage, ce qui fait que l’eau rentre à l’intérieur de la structure. Elle va simplement s’évacuer par les trous de drainage et donc l’eau qui pourrait passer à proximité des pièces. Ces pièces sont protégées par le vernis.

[00:04:50] Hors normes et intergénérationnelle, cet équipage pas comme les autres a aussi un savoir-faire à l’ancienne et les connaissances informatiques de la nouvelle génération.

[00:05:00] On se complète bien ce qu’on apporte des outils un peu plus modernes, comme des logiciels de dessin, des logiciels de calcul pour apporter des solutions plus rapidement. C’est cet échange entre des solutions modernes et beaucoup d’expérience qui fait que l’ensemble marchera.

[00:05:14] L’équipe a également choisi de remplacer la toile de lin par de la toile de nylon, plus résistante aux aléas météo., elle sèche aussi plus rapidement. Pour la structure des ailes, les ouvriers ont opté pour du contreplaqué de pin, à la fois souple et robuste. Il ne se déforme pas sous l’effet de la chaleur ou de l’humidité.

[00:05:36] Nos passionnés peuvent enfin assembler les ailes sur le fuselage. C’est Gérard, le chef d’atelier, qui est aux commandes.

[00:05:45] Il n’y a pas de chef. La seule chose que vous voulez, c’est que on élève.

[00:05:52] Pendant la construction., les ouvriers ont également pris quelques libertés, comme celle d’améliorer l’intérieur de l’appareil.

[00:06:00] Le siège est très confortable. Il avait un siège en bois et il avait le cageot. C’est fou ce qui le passionne tout autant. Pourquoi ça coince? C’est quand même l’aboutissement de quelque chose en bout de carrière, a dit Jean.

[00:06:19] Près d’un an et demi qu’ils se sont lancés dans ce chantier exceptionnel, un investissement qui n’a rien d’un sacrifice pour ces passionnés. Rendez-vous donc, le 19 juin prochain au Salon du Bourget, où Jean-Claude, Gilbert, Gérard et tous les autres nous attendent pour célébrer leurs efforts en faisant voler ce bijou de l’aviation française.