C’est mon boulot – France Info

18/06/2020

Transcription

[00:00:05.960] – Camille
C’est mon boulot. Bonjour Philippe Duport.

[00:00:07.000] – Philippe
Bonjour Camille, bonjour à toutes et à tous.

[00:00:10.240] – Camille
L’actu travaille avec vous. La crise du 19 a fait l’effet d’un électrochoc, habillant bien des échelles. Et notamment la façon dont nous organisons nos lieux de travail. Les entreprises ont bien l’intention de faire des économies sur les mètres carrés de bureaux. Philippe. Un modèle qui pourrait bien être le grand gagnant. Le bureau partagé ?

[00:00:27.040] – Philippe
Oui, alors, on pouvait jusqu’à présent échafauder des théories, supputer que les entreprises allaient être tentées de surfer sur la vague du télétravail et de se désengager des grandes surfaces de bureaux qui plombent leurs comptes.

[00:00:39.680] On a désormais un élément tangible que cette réflexion est largement engagée. BNP Paribas Real Estate a interrogé plus de 150 occupants de bureaux professionnels pour savoir ce qu’étaient leurs intentions pour les mois à venir. Et le verdict est clair un sur deux a l’intention de réduire la surface d’occupation des bureaux.

[00:00:58.920] Mais ce n’est pas tout. Quatre utilisateurs sur dix envisagent carrément la résiliation de son bail. C’est clair, la grande traversée du télétravail, dont une très vaste proportion de cols blancs se félicite, ne laissera pas l’immobilier de bureau indemne.

[00:01:15.200] Les investisseurs estiment d’ailleurs très largement que la reprise du marché de l’immobilier n’est pas envisageable avant au moins un an.

[00:01:22.320] – Camille
Ça veut dire que c’est la fin du bureau tel qu’on le connaît aujourd’hui ?

[00:01:26.160] – Philippe
Alors écoutez, il va y avoir du changement. Quand on regarde cette étude menée par BNP Paribas dans le détail, on se rend compte que l’une des solutions que privilégient les entreprises pour l’avenir, c’est le Flex Office.

[00:01:37.320] Et pas qu’un peu. 64% des utilisateurs du bureau disent qu’ils vont à l’avenir privilégier cette solution. Les deux tiers. Le flex office, c’est simple : les salariés ont des casiers individuels, à leur nom, pour entreposer leurs affaires.

[00:01:51.080] Et quand ils arrivent dans l’entreprise, ils s’installent où ils veulent ou bien où ils peuvent. Et dans les faits, d’ailleurs, on remarque que la plupart s’installent toujours à la même place.

[00:01:59.520] – Camille
Quels sont les avantages de cette méthode?

[00:02:02.600] – Philippe
Le Flex Office permet de rompre avec la règle un salarié est un bureau, cinq jours sur sept. Puisqu’on peut envisager que dans beaucoup d’entreprises du tertiaire, on soit en télétravail deux jours par semaine, que la direction organise la rotation des équipes pour ne pas avoir tout le monde en même temps. Notamment pour des raisons de sécurité sanitaire.

[00:02:21.840] Ça réduit de beaucoup le nombre de bureaux à prévoir. On peut donc abaisser d’autant le nombre de mètres carrés immobilisés et donc faire des économies.

[00:02:30.280] Deuxième argument la propreté. Quand on quitte son bureau Flex Office, on ne laisse aucun budget personnel. Des équipes les voyages peuvent désinfecter les surfaces à fond et le suivant trouve le lendemain matin un bureau nickel.

[00:02:43.400] Reste que la formule n’emballe pas les utilisateurs. Dans les entreprises, tout ça se pratique. Mais est ce qu’ils vont peser lourd face à la logique de réduction des coûts? Franchement, pas sûr.

[00:02:53.840] – Camille
Philippe Duport, C’est mon boulot sur France Info. À réécouter sur France Info.

Text sur le site web de France Info

C’est mon boulot. Le “flex office”, l’avenir du travail en entreprise ?

La crise du coronavirus a fait l’effet d’un électrochoc : les entreprises ont bien l’intention de faire des économies sur les mètres carrés de bureaux. Avec un modèle qui pourrait bien être le grand gagnant : le bureau partagé.

On pouvait jusqu’à présent échaufauder des théories, supputer que les entreprises allaient être tentées de surfer sur la vague du télétravail et se désengager des grandes surfaces de bureaux qui plombent leurs comptes. On a désormais un élément tangible que cette réflexion est largement engagée. BNP Paribas Real Estate a interrogé plus de 150 occupants de locaux professionnels pour savoir ce qu’étaient leurs intentions pour les mois à venir. Et le verdict est clair : un sur deux a l’intention de réduire la surface d’occupation des bureaux. Mais ça n’est pas tout, quatre utilisateurs sur dix envisagent carrément la résiliation de leur bail. C’est clair, la grande traversée du télétravail, dont une très vaste proportion de cols blancs se félicitent, ne laissera pas l’immobilier de bureau indemne. Les investisseurs estiment d’ailleurs très largement que la reprise du marché de l’immobilier locatif n’est pas envisageable avant au moins un an.

Privilégier le “flex office” à l’avenir
Est-ce à dire que c’est la fin du bureau tel qu’on le connaît aujourd’hui ? Il va probablement y avoir du changement. Quand on regarde cette étude menée par BNP Paribas dans le détail, on se rend compte que l’une des solutions que privilégient les entreprises pour l’avenir, c’est le “flex office”. Et pas qu’un peu : 64% des utilisateurs de bureau disent qu’ils vont à l’avenir privilégier cette solution. Le “flex office”, c’est simple : les salariés ont des casiers individuels, à leur nom, pour entreposer leurs affaires, et quand ils arrivent dans l’entreprise, ils s’installent où ils veulent – ou bien où ils peuvent. Dans les faits, on remarque d’ailleurs que la plupart s’installent toujours à la même place !

Pourquoi cette méthode de travail ?
Parmi les avantages, le “flex office” permet de rompre avec la règle : un salarié égale un bureau, cinq jours sur sept. Puisque qu’on peut envisager que, dans beaucoup d’entreprises du tertiaire, on soit en télétravail deux jours par semaine, que la direction organise la rotation des équipes, pour ne pas avoir tout le monde en même temps, notamment pour des questions de sécurité sanitaire, cela réduit de beaucoup le nombre de bureaux à prévoir. On peut donc abaisser d’autant le nombre de mètres carrés immobilisés. Et donc faire des économies.

Deuxième argument, la propreté. Quand on quitte son bureau en flex office, on ne laisse aucun objet personnel. Les équipes de nettoyage peuvent donc désinfecter les surfaces à fond. Et le suivant trouve, le lendemain matin, un bureau nickel. Reste que la formule n’emballe pas les utilisateurs, dans les entreprises où cela se pratique. Mais pèseront-ils lourd face à la logique de réduction des coûts ? Pas sûr…