{"id":4898,"date":"2025-11-19T20:19:24","date_gmt":"2025-11-19T20:19:24","guid":{"rendered":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/?p=4898"},"modified":"2025-11-19T20:59:00","modified_gmt":"2025-11-19T20:59:00","slug":"amundsen-au-pole-sud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/2025\/11\/19\/amundsen-au-pole-sud\/","title":{"rendered":"Amundsen au pole sud"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"embed-youtube\" style=\"text-align:center; display: block;\"><iframe class=\"youtube-player\" width=\"752\" height=\"423\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/NMODhBZGZ5U?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=en-GB&#038;autohide=2&#038;start=619&#038;wmode=transparent\" allowfullscreen=\"true\" style=\"border:0;\" sandbox=\"allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox\"><\/iframe><\/span><\/p>\n<p><a href=\"\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Amundsen.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"4900\" data-permalink=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/2025\/11\/19\/amundsen-au-pole-sud\/amundsen\/\" data-orig-file=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Amundsen.jpg\" data-orig-size=\"225,225\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Amundsen\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Amundsen.jpg\" class=\"alignnone wp-image-4900 size-full\" src=\"\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Amundsen.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Amundsen.jpg 225w, https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Amundsen-150x150.jpg 150w\" sizes=\"(max-width: 225px) 100vw, 225px\" \/><\/a><\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-4898-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1911-la-conquete-du-pole-Sud-ARTE.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1911-la-conquete-du-pole-Sud-ARTE.mp3\">https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1911-la-conquete-du-pole-Sud-ARTE.mp3<\/a><\/audio>\n<p>&nbsp;<\/p>\n[00:34] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>On se souviendra longtemps de l&#8217;\u00e9t\u00e9 1911, tout simplement parce qu&#8217;il y fit tr\u00e8s chaud. Il y a eu une vague de chaleur qui s&#8217;est abattue sur l&#8217;Europe, atteint des temp\u00e9ratures sup\u00e9rieures \u00e0 30 degr\u00e9s Celsius pendant 15 jours, 40 000 morts suppl\u00e9mentaires en France. On accuse le gouvernement et pas encore le changement climatique.<\/strong><br \/>\n[00:55] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Oui, c&#8217;est \u00e7a qui fait date en 1911, c&#8217;est la chaleur.<\/strong><br \/>\n[01:00] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Et pourtant, \u00e0 l&#8217;autre bout du monde, c&#8217;est les froids extr\u00eames qui s&#8217;appr\u00eatent \u00e0 affronter un Norv\u00e9gien, Roald Amundsen et son \u00e9quipage. Il est en hivernage dans la baie des Baleines. Il est au bord de l&#8217;Antarctique et il s&#8217;appr\u00eate \u00e0 partir \u00e0 la conqu\u00eate du p\u00f4le Sud. Ces images ont \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9es en 1910 par l&#8217;un des l&#8217;exp\u00e9dition.<\/strong><br \/>\n[01:35] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Nous sommes encore au d\u00e9but de l&#8217;usage documentaire du cin\u00e9matographe, mais l&#8217;un des moyens de financement sur lesquels compte Amundsen, ce sont d\u00e9j\u00e0 les conf\u00e9rences agr\u00e9ment\u00e9es de films et de photographies qu&#8217;il a pr\u00e9vu de donner \u00e0 son retour. Le h\u00e9ros de cette aventure, c&#8217;est lui, donc, Roald Amundsen. N\u00e9 en 1872, il a d\u00e9cid\u00e9, \u00e0 18 ans, de devenir explorateur polaire en lisant le r\u00e9cit des exploits des Norv\u00e9giens qui, avant lui, ont affront\u00e9 le Grand Nord. Et notamment, Fritkopf-Nansen, futur homme d&#8217;\u00c9tat, dont le nom reste attach\u00e9 au passeport Nansen pour les Apatrides, qui lui vaudra le Prix Nobel de la Paix en 1938. En 1905, Amundsen se fait un nom en devenant le premier navigateur \u00e0 franchir le passage du Nord-Ouest qui relie l\u2019oc\u00e9an Atlantique \u00e0 l\u2019oc\u00e9an Pacifique dans le Grand Nord canadien. Mais 1905 est \u00e9galement l&#8217;ann\u00e9e o\u00f9 la Norv\u00e8ge obtient son ind\u00e9pendance. C&#8217;est un pays moderne o\u00f9 les femmes ont le droit de vote, un pays neuf en qu\u00eate d&#8217;une identit\u00e9 qu&#8217;Amundsen r\u00eave de lui offrir en plantant le drapeau norv\u00e9gien au p\u00f4le Nord.<\/strong><br \/>\n[02:55] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Il a tout organis\u00e9 pour arriver au p\u00f4le Nord. C&#8217;est son id\u00e9al, c&#8217;est son r\u00eave. Il a r\u00e9ussi \u00e0 faire partager cet id\u00e9al et ce r\u00eave \u00e0 beaucoup de Norv\u00e9giens, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9ographique, \u00e0 une s\u00e9rie de philanthropes qui participent d&#8217;une grande subvention. Le roi m\u00eame y participe. C&#8217;est son plan, c&#8217;est son objectif. Et pourtant, \u00e0 l&#8217;\u00e9t\u00e9 1911, son navire, le Fram, mouille dans la baie des baleines, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e0 l&#8217;autre bout du monde. Un Norv\u00e9gien au p\u00f4le Sud. C&#8217;est \u00e7a l&#8217;histoire de 1911. Le 14 d\u00e9cembre en 1911, c&#8217;est le drapeau d&#8217;un des pays les plus septentrionaux du monde, la Norv\u00e8ge, qui va \u00eatre plant\u00e9 dans la banquise du p\u00f4le Sud. Quelle chose \u00e9trange. C&#8217;est cette \u00e9tranget\u00e9 qu&#8217;il nous faut raconter.<\/strong><br \/>\n[04:04] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>C&#8217;est ici, sur les rives du Bound fjord, au sud d&#8217;Oslo, que tout a commenc\u00e9. Ici que se dresse la statue d&#8217;Amundsen, tout pr\u00e8s de la maison o\u00f9 il a v\u00e9cu et o\u00f9 il a \u00e9labor\u00e9 les plans de son exp\u00e9dition, lisant avec passion les r\u00e9cits de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Une maison qu&#8217;il devra hypoth\u00e9quer pour compl\u00e9ter le financement de son exp\u00e9dition. Il a d\u00e9j\u00e0 obtenu le soutien de Fritkopf-Nansen, qui met \u00e0 sa disposition son bateau, le Fram. Ce bateau tr\u00e8s particulier, dont le nom signifie \u00ab en avant \u00bb, est devenu, depuis les ann\u00e9es 1930, un mus\u00e9e consacr\u00e9 aux exp\u00e9ditions polaires norv\u00e9giennes. On y visite l&#8217;int\u00e9rieur de cette go\u00e9lette \u00e0 trois m\u00e2ts que Fritkopf-Nansen a imagin\u00e9 20 ans avant qu&#8217;Amundsen l&#8217;utilise au p\u00f4le Sud pour affronter le p\u00f4le Nord. La proue du Fram, renforc\u00e9e de bandes de fer et sa coque arrondie, \u00e9paisse de soixante centim\u00e8tres ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7us pour permettre au navire d&#8217;\u00eatre soulev\u00e9 par les glaces plut\u00f4t que d&#8217;\u00eatre broy\u00e9. Et \u00e7a marche. Entre 1893 et 1894, Nansen, avec 12 \u00e0 bord, a pass\u00e9 deux hivers sur le Fram, pris dans les glaces de l&#8217;Arctique, en esp\u00e9rant d\u00e9river jusqu&#8217;au p\u00f4le Nord. Puis, d\u00e9\u00e7u par la lenteur de cette d\u00e9rive, il s&#8217;est lanc\u00e9 en direction du p\u00f4le \u00e0 l&#8217;aide de skis et de tra\u00eeneaux \u00e0 chien, parvenant jusqu&#8217;au 86\u00e8me degr\u00e9 de longitude nord. C&#8217;est cette technique qu&#8217;Amundsen r\u00e9utilise huit ans plus tard au p\u00f4le Sud.<\/strong><br \/>\n[05:57] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Sur nos planisph\u00e8res, l&#8217;Antarctique, \u04aba para\u00eet tout petit, mais c&#8217;est parce qu&#8217;au fond, notre syst\u00e8me de projection cartographique ne lui affecte pas les m\u00eames proportions que les autres parties du monde. En fait, l&#8217;Antarctique, c&#8217;est un dixi\u00e8me des terres \u00e9merg\u00e9es sur le globe. On peut dire aussi que c&#8217;est le dernier continent. Le dernier continent \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9, le dernier continent \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 dessin\u00e9, repr\u00e9sent\u00e9, le dernier continent \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 explor\u00e9.<\/strong><br \/>\n[06:33] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Le nom m\u00eame d&#8217;Antarctique est un nom en n\u00e9gatif, en creux. Si l&#8217;Arctique, au nord, tire son nom de Actos, l&#8217;ours, en grec, \u00e0 cause de la constellation de la Petite Ours \u00e0 laquelle appartient l&#8217;\u00e9toile polaire, l&#8217;Antarctique, au sud, n&#8217;est rien d&#8217;autre que l&#8217;Anti-Arctique. Ces antipodes, o\u00f9 l&#8217;on marche \u00e0 l&#8217;envers, les pieds vers le haut, offrent \u00e0 l&#8217;imaginaire des g\u00e9ographes un vaste terrain vierge. Ptol\u00e9m\u00e9e le disait d\u00e9j\u00e0 au II\u1d49 si\u00e8cle, il existe \u00e0 l&#8217;autre bout du monde une terre glac\u00e9e o\u00f9 vivent des gens heureux qui ne travaillent pas.<\/strong><br \/>\n[07:13] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Quel est l&#8217;horizon de cette aventure. C&#8217;est un horizon g\u00e9ographique. On vise effectivement un continent imaginaire que l&#8217;on est en train de construire depuis la Renaissance comme une utopie. Et puis, c&#8217;est aussi une aventure politique. L\u2019id\u00e9al dont ce nous, en somme, l&#8217;id\u00e9al de connaissance et l&#8217;entreprise d&#8217;\u00c9tat, la mani\u00e8re dont la comp\u00e9tition internationale et l&#8217;\u00e9mulation scientifique s&#8217;articulent. Tout cela, d&#8217;une certaine mani\u00e8re, fait de l&#8217;exp\u00e9dition polaire le dernier chapitre des Grandes D\u00e9couvertes. Apr\u00e8s tout, on a dit d&#8217;Amundsen qu&#8217;il \u00e9tait le Christophe Colomb des p\u00f4les et son exp\u00e9dition ressemble beaucoup \u00e0 celle de Christophe Colomb.<\/strong><br \/>\n[08:07] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Depuis le voyage de Colomb, puis les grandes circumnavigations de Cook, de Bougainville et de la P\u00e9rouse, le monde a \u00e9t\u00e9 une premi\u00e8re fois parcouru. Les c\u00f4tes ont \u00e9t\u00e9 fr\u00f4l\u00e9es. \u00c0 partir de la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle, un autre temps commence o\u00f9 l&#8217;inconnu g\u00e9ographique s&#8217;est r\u00e9fugi\u00e9 au c\u0153ur des continents. C\u2019est le moment o\u00f9 est invent\u00e9e l&#8217;expression le blanc de la carte, qui d\u00e9signe \u00e0 la fois l&#8217;inconnu g\u00e9ographique et la volont\u00e9 de le faire dispara\u00eetre. Les blancs des cartes ayant \u00e9videmment vocation \u00e0 \u00eatre combl\u00e9s. Mais \u00e0 mesure que le XIX\u1d49 si\u00e8cle s&#8217;ach\u00e8ve, ces blancs se r\u00e9duisent. Et ce qui reste \u00e0 explorer, ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment les r\u00e9gions polaires. Le th\u00e8me est d&#8217;ailleurs exploit\u00e9 par plusieurs r\u00e9cits de fiction. Edgar Allan Poe \u00e9crit Le Grand roman du p\u00f4le Sud en 1838, Les Aventures d&#8217;Arthur Gordon Pym, tandis que Jules Verne publie celui du p\u00f4le Nord, Les Aventures du Capitaine Hatteras, en 1866. \u00c0 Londres, en 1895, le 6\u00e8me Congr\u00e8s international de g\u00e9ographie adopte la proclamation suivante: L&#8217;exploration des r\u00e9gions antarctiques est le travail g\u00e9ographique le plus important \u00e0 entreprendre avant la fin du si\u00e8cle.<\/strong><br \/>\n[09:38] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>On peut se poser la question de l&#8217;enjeu v\u00e9ritable de ce travail g\u00e9ographique. S&#8217;agit utile seulement de gains de connaissances ? D&#8217;une certaine mani\u00e8re, c&#8217;est ainsi que les grandes d\u00e9couvertes se racontent et se justifient. L\u2019Europe aurait l&#8217;exorbitant privil\u00e8ge de la curiosit\u00e9 du monde. Le r\u00eave des p\u00f4les est peut-\u00eatre l&#8217;id\u00e9al pur de la grande d\u00e9couverte, car il n&#8217;y aura pas de conqu\u00eate, il n&#8217;y aura pas d&#8217;extermination, il n&#8217;y a que des gains de connaissances \u00e0 obtenir dans cette aventure et aussi ce qu&#8217;on appelle la gloire et que l&#8217;on commence justement \u00e0 construire comme une mystique de l&#8217;aventure.<\/strong><br \/>\n[10:33] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Au d\u00e9but du XX\u1d49 si\u00e8cle, cette aventure conqu\u00e9rante et colonisatrice des empires europ\u00e9ens se transpose sur le terrain de la comp\u00e9tition sportive. Celle-ci, \u00e9videmment, a partie li\u00e9e avec les rivalit\u00e9s nationales. Nous sommes au temps de la r\u00e9invention des Jeux Olympiques, \u00e0 Ath\u00e8nes, en 1896, \u00e0 Paris, en 1900, \u00e0 Stockholm, en 1912. Mais le plus important est ailleurs. Le triomphe du sport accompagne l&#8217;affirmation des nationalismes. Dessin\u00e9s par Pierre de Coubertin, les anneaux olympiques repr\u00e9sentent peut-\u00eatre les cinq continents, mais leurs couleurs reprennent celles des drapeaux nationaux. Et ce sont bien des \u00e9quipes nationales qui s&#8217;affrontent lors des \u00e9preuves olympiques. Dans ce contexte, la conqu\u00eate du sixi\u00e8me continent peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une nouvelle \u00e9preuve sportive.<\/strong><br \/>\n[11:36] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Il y a plein de mani\u00e8res de d\u00e9crire le rapport entre l&#8217;exploration des p\u00f4les et le sport. On aura remarqu\u00e9 que ces explorateurs \u00e9taient sportifs. Ils font du ski, ils font du patin \u00e0 glace, mais ce n&#8217;est pas que \u00e7a. Ce qui est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9 dans cette premi\u00e8re d\u00e9cennie du XX\u1d49 si\u00e8cle, c&#8217;est ce qu&#8217;on pourrait appeler le sport-spectacle. C&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;on est d\u00e9j\u00e0 dans une grande industrie du sport. Les courses, les courses cyclistes, \u00e9videmment. On pense au Tour de France, qui est cr\u00e9\u00e9 en 1903 par le journal L&#8217;auto, bient\u00f4t les courses \u00e0 voile. C&#8217;est que d&#8217;une certaine mani\u00e8re, cette comp\u00e9tition sportive, elle donne plus que le cadre, l&#8217;\u00e9nergie de l&#8217;histoire que l&#8217;on a \u00e0 raconter.<\/strong><br \/>\n[12:32] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Le d\u00e9veloppement du sport-spectacle va de pair avec celui de la presse. Le XX\u1d49 si\u00e8cle sera l&#8217;\u00e2ge du sport, ce sera aussi le grand si\u00e8cle des journaux. Et le r\u00e9cit des explorations polaires se raconte sur le mode du feuilleton. \u00c0 la une du Petit Journal de septembre 1909, on d\u00e9couvre un duel au sommet, ou plut\u00f4t au p\u00f4le Nord, entre deux explorateurs rivaux. \u00c0 droite, Robert Peary, ing\u00e9nieur dans la Navy am\u00e9ricaine, affirme y avoir plant\u00e9 le premier la banni\u00e8re \u00e9toil\u00e9e. \u00c0 gauche, Frederick Cook, son ancien m\u00e9decin de bord, pr\u00e9tend \u00eatre arriv\u00e9 avant lui. S&#8217;ensuit une pol\u00e9mique violente par journaux interpos\u00e9s. Une pol\u00e9mique qu&#8217;Amundsen, en plein pr\u00e9paratif pour sa propre exp\u00e9dition, d\u00e9couvre avec consternation.<\/strong><br \/>\n[13:25] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Peary ou Cook, ce qui est certain, c&#8217;est qu&#8217;un Am\u00e9ricain a plant\u00e9 la banni\u00e8re \u00e9toil\u00e9e sur le p\u00f4le Nord. Et voil\u00e0 pourquoi Amundsen fait vol de face. Parce que de toute fa\u00e7on, il n&#8217;y a plus rien \u00e0 gagner au p\u00f4le Nord. Voil\u00e0 pourquoi il s&#8217;appr\u00eate \u00e0 aller conqu\u00e9rir le p\u00f4le Sud \u00e0 l&#8217;autre extr\u00e9mit\u00e9 de son r\u00eave, sans avoir pr\u00e9venu son \u00e9quipage, sans avoir pr\u00e9venu Nansen, qui lui a pr\u00eat\u00e9 le bateau, le Fram, sans avoir pr\u00e9venu le roi de Norv\u00e8ge, sans avoir pr\u00e9venu personne.<\/strong><br \/>\n[14:07] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Un mois apr\u00e8s leur d\u00e9part d&#8217;Oslo, Amundsen annonce \u00e0 ses hommes que le p\u00f4le Sud est leur nouvel objectif. La r\u00e9action de l&#8217;\u00e9quipage, \u00e9crit-il dans son journal, est unanime et enthousiaste. Ils mettent donc le cap vers l&#8217;Atlantique Sud et les mers polaires australes. Mais en antarctique, il va falloir se battre car il a un s\u00e9rieux concurrent. C&#8217;est Robert Falcon Scott, un Anglais, officier de la Navy, qui a d\u00e9j\u00e0 organis\u00e9 une grande exp\u00e9dition en Antarctique en 1901.<\/strong><br \/>\n[14:46] &#8211; Orateur<br \/>\n<strong>Les \u00e9l\u00e9ments semblaient vouloir pr\u00e9server les secrets de l&#8217;Antarctique contre toute incursion. Mais les savants explorateurs pass\u00e8rent \u00e0 travers la banquise pour atteindre les hauts plateaux glac\u00e9s.<\/strong><br \/>\n[14:59] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Scott a fait le choix d&#8217;une exp\u00e9dition lourde avec des v\u00e9hicules \u00e0 chenilles et des chevaux de mandchouris pour tirer ses tra\u00eeneaux. Mais les chevaux, trop lourds et trop peu r\u00e9sistants, sont bient\u00f4t remplac\u00e9s par les hommes qui doivent s&#8217;atteler eux-m\u00eames \u00e0 leurs tra\u00eeneaux. Amundsen, lui, a suivi l\u2019exemple de Nansen. Il utilise des chiens d&#8217;attelage du Groenland. \u00c7a va beaucoup plus vite, d&#8217;autant qu&#8217;il a pr\u00e9vu de sacrifier ses chiens au fur et \u00e0 mesure du voyage pour compl\u00e9ter l&#8217;alimentation de ceux qui restent.<\/strong><br \/>\n[15:44] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Les deux \u00e9quipes se rencontrent au bord de l&#8217;Antarctique en janvier 1911. Elles partagent leur plan, elles se souhaitent bonne chance. C&#8217;est comme, au fond, deux champions qui se perd la main sur la ligne de d\u00e9part, la course commence.<\/strong><br \/>\n[16:07] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Au d\u00e9but du printemps austral, Amundsen et quatre de ses hommes partent \u00e0 l&#8217;assaut du p\u00f4le Sud. L&#8217;utilisation de chiens et de tra\u00eeneaux permet de maintenir une moyenne de 28 kilom\u00e8tres par jour. Et apr\u00e8s l&#8217;ascension d&#8217;un glacier \u00e0 3 200 m\u00e8tres, ils atteignent le plateau polaire qu&#8217;ils baptisent: Haakon VII du nom du roi de Norv\u00e8ge. Le 14 d\u00e9cembre, apr\u00e8s deux mois de voyage, il plante une tente surmont\u00e9e du drapeau norv\u00e9gien au p\u00f4le Sud. D\u00e8s son voyage retour vers la Norv\u00e8ge, Amundsen se lance imm\u00e9diatement dans la r\u00e9daction d&#8217;un r\u00e9cit dont il a vendu les droits \u00e0 un journal anglais, le Daily Chronicle. Pour l&#8217;\u00e9voquer, nous avons rendez-vous dans sa maison, au bord du Boune de Fjord, avec Sylvain Venert, historien de l&#8217;aventure et des r\u00e9cits de voyages.<\/strong><br \/>\n[17:09] &#8211; Sylvain<br \/>\n<strong>Pour Amundsen, quand il rentre du p\u00f4le, son ambition, comme il l&#8217;\u00e9crit lui-m\u00eame dans son r\u00e9cit, c&#8217;est d&#8217;\u00eatre le premier sur le march\u00e9. Il faut que non seulement l&#8217;opinion publique mondiale apprenne que, comme il l&#8217;\u00e9crit aussi, le p\u00f4le lui appartient, puisqu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 parvenir au p\u00f4le Sud, mais le probl\u00e8me qu&#8217;il a, le probl\u00e8me, le principal probl\u00e8me d&#8217;Amundsen, c&#8217;est que quand il part, il part pour le p\u00f4le Nord. Que ce qu&#8217;il a vendu comme r\u00e9cit \u00e0 venir, c&#8217;est un r\u00e9cit du p\u00f4le Nord. Et il l&#8217;a vendu en particulier \u00e0 l&#8217;opinion publique norv\u00e9gienne.<\/strong><br \/>\n[17:44] &#8211; Orateur<br \/>\n<strong>Le bateau d&#8217;Amundsen, son vieux et fid\u00e8le Fram, revient en Norv\u00e8ge vainqueur et pavillon hiss\u00e9. Cinq hommes, 50 chiens et quatre tra\u00eeneaux avaient r\u00e9ussi une magnifique exp\u00e9dition qui m\u00e9ritait bien l&#8217;accueil enthousiaste qui leur \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9.<\/strong><br \/>\n[18:03] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Un de ses probl\u00e8mes quand il publie son r\u00e9cit, c&#8217;est de justifier ce passage du p\u00f4le Nord au p\u00f4le Sud. Amundsen fait tr\u00e8s attention, il le dit \u00e0 plusieurs reprises, \u00e0 ne pas passer pour un homme qui cherche absolument \u00e0 battre un record, alors qu&#8217;en r\u00e9alit\u00e9, c&#8217;est absolument ce qui a chang\u00e9 ses plans, c&#8217;est ce qui fait qu&#8217;il est pass\u00e9 du p\u00f4le Nord au p\u00f4le Sud. Donc, pour \u00e7a, il va mettre en place plusieurs strat\u00e9gies textuelles, et notamment l&#8217;une d&#8217;entre elles est de de bien insister sur le fait que son exploration a une dimension scientifique. Donc, la totalit\u00e9 des r\u00e9f\u00e9rences du r\u00e9cit sont des r\u00e9f\u00e9rences scientifiques, en tout cas ce qu&#8217;on consid\u00e8re \u00e0 l&#8217;\u00e9poque comme des r\u00e9f\u00e9rences scientifiques, c&#8217;est-\u00e0-dire les grands r\u00e9cits d&#8217;exploration, depuis Cook et Ross, jusqu&#8217;\u00e0 Scott et Shackleton. Le r\u00e9cit d&#8217;Amundsen est conforme au r\u00e9cit d&#8217;exploration, en ce que lui et ses hommes proc\u00e8dent \u00e0 cette esp\u00e8ce de c\u00e9r\u00e9monie qui \u00e9tait celle des explorations du XIX\u1d49 si\u00e8cle, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;ils nomment les lieux o\u00f9 ils arrivent. Ils les nomment en fonction de leur origine nationale. C&#8217;est comme \u00e7a qu&#8217;on a un plateau \u00e0 Concet en Antarctique, mais ils les nomment aussi en fonction, tout simplement, des hommes qui \u00e9taient l\u00e0.<\/strong><br \/>\n[19:11] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Ils les nomment aussi en fonction de l&#8217;impression que ces lieux font sur eux, comme par exemple la salle de bal du diable, qui est ainsi nomm\u00e9e quand ils arrivent dans un endroit particuli\u00e8rement inhospitalier. Et ce geste d&#8217;appropriation symbolique de l&#8217;espace, c&#8217;est la derni\u00e8re fois qu&#8217;on va pouvoir le faire \u00e0 sur Terre.<\/strong><br \/>\n[19:33] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Amundsen est donc le premier sur le march\u00e9. Sa photographie du p\u00f4le est reproduite partout. Mais une autre image et un autre r\u00e9cit vont bient\u00f4t recouvrir ceux d&#8217;Amundsen. Le 17 janvier 1912, Scott parvient \u00e0 son tour au p\u00f4le Sud, moins d&#8217;un mois apr\u00e8s son concurrent. Les membres de l&#8217;exp\u00e9dition, visiblement extr\u00eamement ext\u00e9nu\u00e9es par des conditions extr\u00eames, posent devant un drapeau qui n&#8217;est pas le leur, t\u00e9moin de leur \u00e9chec. Ces photos ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es seulement en novembre 1912, pr\u00e8s des corps gel\u00e9s de Scott et de ses compagnons.<\/strong><br \/>\n[20:17] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Dans le chemin du retour, un \u00e0 un, les membres de l&#8217;exp\u00e9dition Scott meurent. Et lorsque Scott lui-m\u00eame meurt, il a laiss\u00e9 une lettre au peuple anglais o\u00f9 il \u00e9crit que s&#8217;il avait v\u00e9cu le r\u00e9cit de l&#8217;exploit, du courage de ses compagnons aurait touch\u00e9 tous les c\u0153urs anglais. En Angleterre, Scott devient un h\u00e9ros national. La grande c\u00e9r\u00e9monie fun\u00e8bre qu&#8217;on lui consacre est un grand moment d&#8217;exaltation de ce h\u00e9ros anglais. Amundsen est en train de perdre la bataille de la m\u00e9moire. Et pendant ce temps-l\u00e0 dans le monde, tandis que les explorateurs polaires, avec leur visage glabre et leur moustache fines donnent \u00e0 voir un nouvel id\u00e9al de virilit\u00e9, plus sportif que martial, l&#8217;international socialiste c\u00e9l\u00e8bre le 19 mars 1911, la premi\u00e8re journ\u00e9e de la femme, pour y r\u00e9clamer notamment ce droit de vote qu&#8217;avaient d\u00e9j\u00e0 obtenus les Norv\u00e9giens.<\/strong><br \/>\n[21:33] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>1911, c&#8217;est d&#8217;ailleurs l&#8217;ann\u00e9e o\u00f9 Marie Curie re\u00e7oit le Prix Nobel de chimie pour ses travaux sur la radioactivit\u00e9. Le 1\u1d49\u02b3 juillet, l&#8217;envoi d&#8217;une canonni\u00e8re allemande dans la baie d&#8217;Agadir provoque un grave incident diplomatique avec la France. En septembre, l&#8217;Italie commence la conqu\u00eate coloniale de la Libye, utilisant pour la premi\u00e8re fois l&#8217;aviation comme arme de guerre. En Afrique, la Premi\u00e8re Guerre mondiale commence donc avant 1914. Le 31 mai de la m\u00eame ann\u00e9e, 1911, on lance \u00e0 Belfast le plus grand paquebot du monde, \u00e0 grand renfort de publicit\u00e9. D\u00e9sormais, on pourrait circuler d&#8217;un bout \u00e0 l&#8217;autre de la plan\u00e8te de mani\u00e8re confortable et s\u00fbre. Son nom, le Titanic.<\/strong><br \/>\n[22:26] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Depuis 1911, le temps du monde finit \u00e0 commencer. Et la finitude du monde porte aussi en elle l&#8217;inqui\u00e9tude de la fin du monde. Car si le monde est fini, si l&#8217;humanit\u00e9 a d\u00e9finitivement rempli les blancs de la carte, que reste-t-il, sinon \u00e0 s&#8217;inqui\u00e9ter de la pr\u00e9servation de la Terre, la pr\u00e9servation de la Terre la pr\u00e9servation de la Terre et de l&#8217;humanit\u00e9. \u00c9videmment, d&#8217;autres territoires de l&#8217;aventure vont s&#8217;ouvrir. C&#8217;est le moment, en somme, o\u00f9 cette culture de l&#8217;exploration trouve ces derniers refuges dans l&#8217;imaginaire, dans l&#8217;espace, dans les abysses oc\u00e9aniques ou au sommet des plus hautes montagnes du monde.<\/strong><br \/>\n[23:30] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>C&#8217;est dans les airs que cette mystique de l&#8217;aventure va d\u00e8s lors se prolonger, car le grand absent de l&#8217;histoire qu&#8217;on vient de raconter, c&#8217;est l&#8217;avion qui s&#8217;appr\u00eate \u00e0 inaugurer un autre \u00e2ge de la connaissance de la Terre. Amundsen accompagne cette mutation. En 1918, il passe son brevet de pilote et apr\u00e8s plusieurs tentatives infructueuses en avion, c&#8217;est le 11 mai 1926 qu&#8217;il parvient enfin au p\u00f4le Nord, \u00e0 bord d&#8217;un dirigeable bouclant en quelque sorte le voyage commenc\u00e9 en 1910. Un demi-si\u00e8cle plus tard, les carottages dans la glace des r\u00e9gions polaires permettront de retracer l&#8217;histoire du climat terrestre sur la longue dur\u00e9e. C&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;on a d\u00e9couvert en premier les d\u00e9g\u00e2ts inflig\u00e9s \u00e0 l&#8217;atmosph\u00e8re de la Terre par les activit\u00e9s humaines. L\u00e0 que l&#8217;origine entropique qui a du changement climatique a pu \u00eatre d\u00e9montr\u00e9e.<\/strong><br \/>\n[24:35] &#8211; Patrick<br \/>\n<strong>Cent ans plus tard, qu&#8217;est-ce qu&#8217;on trouve au p\u00f4le Sud ? On ne trouve plus un drapeau norv\u00e9gien. On trouve une station scientifique dont le nom m\u00eame, Station Admundsen-Scott, dit que dans la m\u00e9moire des hommes, d\u00e9sormais, les deux rivaux du P\u00f4le sont arriv\u00e9s ex aequo. Parce que ce qui nous importe vraiment aujourd&#8217;hui. C&#8217;est moins l&#8217;histoire sportive, glorieuse, virile des aventuriers que celle commune de ce continent de savoir qu&#8217;est l&#8217;Antarctique, car c&#8217;est en Antarctique aujourd&#8217;hui et avec la prise de conscience par la fonte des glaces du changement climatique, que s&#8217;\u00e9prouve l&#8217;unit\u00e9 du globe comme communaut\u00e9 de destins et de dangers.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; [00:34] &#8211; Patrick On se souviendra longtemps de l&#8217;\u00e9t\u00e9 1911, tout simplement parce qu&#8217;il y fit tr\u00e8s chaud. Il y a eu une vague de chaleur qui s&#8217;est abattue sur l&#8217;Europe, atteint des temp\u00e9ratures sup\u00e9rieures \u00e0 30 degr\u00e9s Celsius&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/2025\/11\/19\/amundsen-au-pole-sud\/\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4900,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-4898","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-french"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Amundsen.jpg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8rlea-1h0","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4898","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4898"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4898\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4905,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4898\/revisions\/4905"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4900"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4898"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4898"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4898"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}