{"id":4065,"date":"2024-01-18T17:00:01","date_gmt":"2024-01-18T17:00:01","guid":{"rendered":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/?p=4065"},"modified":"2024-02-28T16:10:43","modified_gmt":"2024-02-28T16:10:43","slug":"le-journal-intime-de-chopin-06","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/2024\/01\/18\/le-journal-intime-de-chopin-06\/","title":{"rendered":"Le journal intime de Chopin \u2013 06"},"content":{"rendered":"<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-4065-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/JournalIntimeDeChopin-06.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/JournalIntimeDeChopin-06.mp3\">https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/JournalIntimeDeChopin-06.mp3<\/a><\/audio>\n[00:01] &#8211; Orateur<br \/>\nFrance Musique. Le journal intime de Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin.<\/p>\n[00:34] &#8211; Chopin<br \/>\nChapitre six. Je suis dans des mondes \u00e9tranges. 27 octobre 1838, 6 h du soir.<\/p>\n[00:54] &#8211; Chopin<br \/>\nMe voici dans la malle poste. Je quitte Paris pour Perpignan. J&#8217;ai quatre nuits et quatre jours pour retrouver l&#8217;Aurore, ses enfants, Maurice et Solange et la domestique, Am\u00e9lie. A mon arriv\u00e9e, on m&#8217;a trouv\u00e9 frais comme une rose et rose comme un navet bien portant d&#8217;ailleurs. Mon endurance a beaucoup impressionn\u00e9.<\/p>\n[01:23] &#8211; Chopin<br \/>\n1\u1d49\u02b3 novembre. Mon cher Jemawalexyz qui s&#8217;inqui\u00e9tait de ma sant\u00e9 durant ce p\u00e9riple, est \u00e0 pr\u00e9sent rassur\u00e9. George ajoute ces mots \u00e0 ma lettre.<\/p>\n[01:39] &#8211; George\/ Aurore<br \/>\nCher, cher, cher, quel bonheur !<\/p>\n[01:43] &#8211; George\/ Aurore<br \/>\nIl est ici et bien portant. Il pr\u00e9tend qu&#8217;il n&#8217;est m\u00eame pas fatigu\u00e9 apr\u00e8s quatre nuits de voiture. Il a bien dormi et ce matin, il a bonne mine. Sans le regret de vous avoir laiss\u00e9 si loin, je serais aujourd&#8217;hui plus heureuse que je ne l&#8217;ai jamais \u00e9t\u00e9.<\/p>\n[02:12] &#8211; Chopin<br \/>\n7 novembre, 5 h du soir. Apr\u00e8s avoir rejoint Barcelone sur le Ph\u00e9nicien, nous voguons \u00e0 pr\u00e9sent sur El Majorquin, direction Palma, capitale et port principal de l&#8217;\u00eele espagnole de Majorque. Nous d\u00e9couvrons au petit matin les c\u00f4tes escarp\u00e9es de cette \u00eele. La M\u00e9diterran\u00e9e est \u00e9tincelante. Une douce chaleur nous enveloppe imm\u00e9diatement. D\u00e9cid\u00e9ment, Paris et ses cancans me semblent bien loin.<\/p>\n[03:06] &#8211; Chopin<br \/>\n15 novembre, je suis \u00e0 Palma, au milieu des palmiers, des c\u00e8dres, des cactus, des oliviers, des orangers, des citronniers, des alo\u00e8s, des figuiers, des grenadiers, enfin de tous les arbres que poss\u00e8dent les serres du jardin, des plantes. Du soleil, toute la journ\u00e9e, tout le monde est v\u00eatu comme en \u00e9t\u00e9, car il fait chaud. La nuit, on entend des chants et le son des guitares pendant des heures enti\u00e8res. Il faut que Fontana remette \u00e0 Jemawalexyz les lettres de mes parents et qu&#8217;il pr\u00e9vienne Pleyel que je lui envoie bient\u00f4t mes pr\u00e9ludes, s&#8217;il pouvait lui rendre une petite visite, car le piano n&#8217;est toujours pas arriv\u00e9.<\/p>\n[03:43] &#8211; Chopin<br \/>\nJ&#8217;ai emprunt\u00e9 un instrument dans le voisinage, mais sa sonorit\u00e9 est \u00e9pouvantable. J&#8217;ai tout de m\u00eame l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une nouvelle mazurka.<\/p>\n[03:53] &#8211; Chopin<br \/>\n3 d\u00e9cembre 1838. Je toussote, je tousse, je crache du sang. Je n&#8217;ai encore re\u00e7u aucune lettre de mon tendre ami, Jemawalexyz. Ce pays est diabolique. La nature est bienfaisante, mais les hommes sont des voleurs. Le ciel est beau, mais la terre est noire comme mon c\u0153ur. Nous parlons souvent de lui avec Belle mon Aurore. La voici qui ajoute ces mots \u00e0 ma lettre.<\/p>\n[04:26] &#8211; George\/ Aurore<br \/>\nCher. Recevez-vous nos lettres ? Nous sommes inquiets et tristes de votre silence. Chopin a \u00e9t\u00e9 assez souffrant ces jours derniers. Il est beaucoup mieux, mais il souffre un peu des variations de la temp\u00e9rature qui sont fr\u00e9quentes ici. Veuille, la Providence veillait sur nous, car il n&#8217;y a ni m\u00e9decin ni m\u00e9decine. L&#8217;absence de piano m&#8217;afflige beaucoup pour le petit. Il en a lou\u00e9 un indig\u00e8ne qui l&#8217;irrite plus qu&#8217;il ne le soulage. Malgr\u00e9 tout, il travaille. Nous allons dans trois jours habiter notre belle Chartreuse dans un site magnifique. Nous avons achet\u00e9 un mobilier et nous voici propri\u00e9taires \u00e0 Majorque. H\u00e9las, je ne peux travailler encore. Nous ne sommes pas install\u00e9s, nous n&#8217;avons ni \u00e2nes, ni domestiques, ni eau, ni feu, ni moyen s\u00fbr d&#8217;envoyer les manuscrits. Moyennant quoi je fais la cuisine, au lieu de faire de la litt\u00e9rature.<\/p>\n[05:34] &#8211; Chopin<br \/>\n14 d\u00e9cembre 1838. Je n&#8217;ai aucune lettre des miens. Un malheur aurait il crois\u00e9 leur chemin ? Je n&#8217;ai re\u00e7u d&#8217;autres nouvelles que celle de l&#8217;embarquement de mon piano le 1\u1d49\u02b3 d\u00e9cembre \u00e0 Marseille. Il est \u00e0 bord d&#8217;un bateau marchand. Je ne vais donc pas le recevoir avant mon d\u00e9part comme je le souhaitais. En attendant mes manuscrits sommeille en moi. Je ne puis dormir. Je r\u00eave musique. Quand il ne pleut pas, les nuages passent sur notre chartreuse. Ils s&#8217;infiltrent dans l&#8217;air et dans les murs en laissant une \u00e9pouvantable humidit\u00e9 poisseuse. Je ne me remets pas de ma bronchite. Je tousse et la fi\u00e8vre ne me quitte plus. Je suis couvert de cataplasmes. J&#8217;attends le printemps ou quelque chose d&#8217;autre.<\/p>\n[06:45] &#8211; Chopin<br \/>\n28 d\u00e9cembre 1838. Chartreuse de Vall de Mossa. Je survis entre les rochers et la mer, dans une cellule d&#8217;une immense chartreuse abandonn\u00e9e. Les portes sont plus grandes qu&#8217;aucune porte coch\u00e8re de Paris. Je suis l\u00e0, sans frisure ni gants, blanc et p\u00e2le, comme toujours. Ma cellule a la forme d&#8217;un grand cercueil avec une \u00e9norme vo\u00fbte poussi\u00e9reuse.<\/p>\n[07:11] &#8211; Chopin<br \/>\nJ&#8217;ai une petite fen\u00eatre qui donne sur les orangers, les palmiers et les cypr\u00e8s du jardin. Face \u00e0 la fen\u00eatre, il y a mon lit et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du lit, un vieil intouchable, une sorte de pupitre carr\u00e9, malcommode pour \u00e9crire. Un chandelier de plomb est pos\u00e9 dessus avec une bougie. Un grand luxe pour ici. Mais surtout, sur ce pupitre tr\u00f4ne le clavier bien temp\u00e9r\u00e9 de Bach. Silence. On peut crier. Silence encore. Mais quinte de toux me cloue au lit. Mon Aurore qui s&#8217;occupe de moi, des courses, des repas et de l&#8217;\u00e9ducation de ses enfants. Tout est difficile ici. Les gens du pays ne nous aiment pas et nous le font bien comprendre. Notre mode de vie choque. Nous ne sommes pas mari et femme, n&#8217;allons pas \u00e0 la messe le dimanche. Je passe mes journ\u00e9es au piano et elle passe ses nuits \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 fumer.<\/p>\n[08:46] &#8211; Chopin<br \/>\n12 janvier 1839. Ma sant\u00e9 est un peu meilleure. J&#8217;envoie enfin mes pr\u00e9ludes \u00e0 mon fid\u00e8le Fontana. Je lui ai promis d&#8217;ici quelques semaines une balade, un scherzo et des polonaises. Je ne lui ai pas dit, mais je l&#8217;ai lu, d\u00e9dicac\u00e9. Je veux le remercier de tout ce qu&#8217;il a fait pour moi en mon absence.<\/p>\n[09:08] &#8211; Chopin<br \/>\n20 janvier 1839, le piano est arriv\u00e9. Ou plut\u00f4t le pianoino. Je vis \u00e0 pr\u00e9sent dans ma cellule, aux sons de mes r\u00eaves fantastiques et de mes larmes. George est parti avec les enfants. Il aime se promener de longues heures. Belle se languit de la maison de sa grand-m\u00e8re, son cher Nohant. Je n&#8217;ai plus la force de marcher. Je reste seul. La pluie tombe violemment et ne sont pas encore rentr\u00e9e. Quel d\u00e9luge ! L&#8217;orage fracasse la nature. Les \u00e9clairs transpercent ma cellule. C&#8217;est terrifiant. Je suis mort d&#8217;inqui\u00e9tude. Je n&#8217;ai toujours aucune nouvelle de ma famille.<\/p>\n[10:06] &#8211; Chopin<br \/>\n13 f\u00e9vrier, 9 h du matin. Trois mois sur cette \u00eele de malheur. Il n&#8217;est pas question d&#8217;attendre le printemps, ni m\u00eame une semaine de plus. Nous embarquons sur El Majorquin qui retourne \u00e0 Barcelone. Je n&#8217;en crois pas mes yeux. Nous devons faire la travers\u00e9e avec une cargaison de cochons. Leurs cris et leur odeur sont une infection. Nous restons enferm\u00e9s dans notre cabine pour la nuit. Qui d&#8217;eux ou de moi aura le plus le mal de mer ?<\/p>\n[11:10] &#8211; Orateur<br \/>\nA r\u00e9\u00e9couter sur https:\/\/FranceMusique.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[00:01] &#8211; Orateur France Musique. Le journal intime de Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin. [00:34] &#8211; Chopin Chapitre six. 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