{"id":4051,"date":"2024-01-10T17:13:41","date_gmt":"2024-01-10T17:13:41","guid":{"rendered":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/?p=4051"},"modified":"2024-01-10T17:13:41","modified_gmt":"2024-01-10T17:13:41","slug":"le-journal-intime-de-chopin-01","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/2024\/01\/10\/le-journal-intime-de-chopin-01\/","title":{"rendered":"Le journal intime de Chopin &#8211; 01"},"content":{"rendered":"<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-4051-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/3E6DD603-0F01-4632-A0AC-CB66041901AE.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/3E6DD603-0F01-4632-A0AC-CB66041901AE.mp3\">https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2024\/01\/3E6DD603-0F01-4632-A0AC-CB66041901AE.mp3<\/a><\/audio>\n[00:01] &#8211; Orateur<br \/>\n<strong>France Musique.<\/strong><\/p>\n[00:15] &#8211; Orateur<br \/>\n<strong>Le journal intime de Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin.<\/strong><\/p>\n[00:36] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>Le royaume de mon enfance.<\/strong><\/p>\n[00:52] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>Varsovie, 1816. Cet apr\u00e8s-midi, je suis rest\u00e9 allong\u00e9 sous le grand piano du salon. Maman chantait en s&#8217;accompagnant. J&#8217;\u00e9tais comme hypnotis\u00e9. Saisi par toutes ces vibrations qui r\u00e9sonnait dans mon corps. Tous ces sons qui passaient dans chacune de mes veines, qui p\u00e9n\u00e9trait mes os. Je tremblais quand il \u00e9tait plus fort, quand il se faisait plus doux, plus secret. Je voulais que le temps s&#8217;arr\u00eate, que plus rien ne bouge. J&#8217;ai senti des larmes couler. C&#8217;\u00e9tait \u00e9trange. Je crois que j&#8217;ai aim\u00e9 \u00e7a. Puis maman s&#8217;est arr\u00eat\u00e9e et m&#8217;a dit d&#8217;aller me reposer dans ma chambre. Je m&#8217;appelle Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin, J&#8217;ai six ans. J&#8217;ai trois s\u0153urs. Ludovica est l&#8217;a\u00een\u00e9e et Isabella et Emilia sont plus jeunes que moi. Toute ma famille vit \u00e0 Varsovie, au palais de Saxe o\u00f9 se trouve le lyc\u00e9e. Papa est professeur de langue et de litt\u00e9rature fran\u00e7aise. Papa et maman ont ouvert un pensionnat priv\u00e9 pour gar\u00e7ons. Nous les accueillons chez nous et Ludovica les aide parfois \u00e0 prendre leurs le\u00e7ons. Il y a un gar\u00e7on qui s&#8217;appelle Titus. C&#8217;est mon ami.<\/strong><\/p>\n[02:36] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>M\u00eame si le fran\u00e7ais est la langue de son enfance. Papa nous parle en polonais. Avec mes s\u0153urs, nous apprenons le fran\u00e7ais et l&#8217;allemand. Mais \u00e0 la maison, tout le monde parle polonais car maman est polonaise. Souvent, papa et maman font de la musique ensemble. J&#8217;aime beaucoup les entendre jouer des danses ou des chansons. Papa joue du violon ou de la fl\u00fbte et maman est au piano. Tous les deux ont d&#8217;ailleurs d\u00e9cid\u00e9 qu&#8217;il nous enseignerait la musique. C&#8217;est maman qui m&#8217;apprend \u00e0 jouer du piano. Elle est tr\u00e8s douce avec moi. J&#8217;aime surtout inventer la musique. J&#8217;imagine d&#8217;autres Polonaises que celles que maman me donne \u00e0 \u00e9tudier. J&#8217;aime le rythme de cette danse. Je le trouve tr\u00e8s beau. Fi\u00e8re et noble. J&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 compos\u00e9 deux polonaises. Papa et maman sont tr\u00e8s \u00e9tonn\u00e9s de tout ce que je peux d\u00e9j\u00e0 jouer, alors je vais bient\u00f4t avoir un vrai professeur de piano, M. Zywny. J&#8217;apprendrai avec lui la musique de Jean-S\u00e9bastien Bach.<\/strong><\/p>\n[04:10] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>Le lyc\u00e9e de papa a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9 au palais Casimir o\u00f9 si\u00e8ge aussi l&#8217;Universit\u00e9 de Varsovie. Nous avons d\u00fb d\u00e9m\u00e9nager et notre appartement est beaucoup plus grand. Le pensionnat Chopin peut maintenant s&#8217;agrandir et avec lui mon public, car j&#8217;invente pour les \u00e9l\u00e8ves des petites histoires au piano que je leur joue pendant les r\u00e9cr\u00e9ations.<\/strong><\/p>\n[04:36] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>D\u00e9cembre 1817. J&#8217;\u00e9cris \u00e0 papa. Mon cher papa, il me serait plus facile de lui faire part de mes sentiments, si je pouvais les lui exprimer avec les sons de la musique. M\u00eame le plus beau des concertos n&#8217;arriverait pas \u00e0 lui t\u00e9moigner de toute mon affection.<\/strong><\/p>\n[05:00] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>24 f\u00e9vrier 1818 Th\u00e9\u00e2tre du Palais des Radziwill. J&#8217;ai donn\u00e9 mon premier concert, j&#8217;ai huit ans. Papa a accept\u00e9 que je joue au b\u00e9n\u00e9fice des pauvres de Varsovie. Je vais porter un nouveau col. J&#8217;esp\u00e8re que le public le remarquera. Sur les affiches, ils ont \u00e9crit Chopinet. Pourquoi ce diminutif ? Mon nom est Chopin. Bient\u00f4t, je jouerai chez le grand-duc Constantin, au palais du Belv\u00e9d\u00e8re. Il est le fr\u00e8re du tsar Alexandre I\u1d49\u02b3, roi de Pologne. Je compose pour lui une marche militaire. Je joue \u00e0 pr\u00e9sent pour tous les invit\u00e9s de marque qui sont de passage \u00e0 Varsovie.<\/strong><\/p>\n[05:53] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>Je suis re\u00e7u dans les salons et toutes les familles les plus prestigieuses se pressent pour m&#8217;inviter. Lorsque je joue les \u0153uvres de Mozart, on me compare \u00e0 lui, mais mon papa ne me fait pas jouer pour gagner de l&#8217;argent. A la maison, je m&#8217;amuse avec mes s\u0153urs \u00e0 imiter au piano tous ces personnages que je rencontre. Je les d\u00e9cris avec ma musique, \u00e0 elle de les reconna\u00eetre. C&#8217;est tr\u00e8s dr\u00f4le et nous nous amusons beaucoup.<\/strong><\/p>\n[06:34] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>D\u00e9cembre 1819. Avec mes parents et mes s\u0153urs, nous sommes all\u00e9s \u00e9couter la grande cantatrice italienne Angelica Catalano. Elle donne quatre concerts \u00e0 Varsovie cet hiver. Je n&#8217;ai pas retenu mes larmes en l&#8217;\u00e9coutant. Sa voix est comme un merveilleux ruban qui se d\u00e9ploie dans les airs. Elle chante la m\u00e9lodie en brodant des ornements sur les petites notes. Je suis \u00e9bloui et je veux faire pareil avec ma musique. La Catalane m&#8217;a offert une montre en or. J&#8217;\u00e9tais invit\u00e9 \u00e0 jouer il y a quelques jours lors d&#8217;une soir\u00e9e priv\u00e9e. Elle faisait partie des convives. J&#8217;ai bien vu qu&#8217;elle \u00e9tait tr\u00e8s s\u00e9duite par mon jeu et mes improvisations. Elle s&#8217;est dirig\u00e9e vers moi et m&#8217;a remis ce cadeau avec beaucoup d&#8217;\u00e9motion. Elle avait m\u00eame fait graver une d\u00e9dicace dans le bo\u00eetier, Madame Catalano \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin, \u00e2g\u00e9 de dix ans \u00e0 Varsovie le 3 janvier 1820. Je la garderai toute ma vie.<\/strong><\/p>\n[07:51] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>Je suis dans ma chambre. Je tousse beaucoup aujourd&#8217;hui et maman pr\u00e9f\u00e8re que je reste allong\u00e9e et calme. Alors je dessine. Mais ce soir, je jouerai \u00e0 quatre mains avec Ludovica.<\/strong><\/p>\n[08:09] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>Avril 1821. J&#8217;ai onze ans. Plus que tout, j&#8217;aime que mes doigts courent tr\u00e8s vite sur le clavier du piano. Chaque jour je m&#8217;entra\u00eene. Surtout la main droite. Je viens de terminer la composition de ma troisi\u00e8me polonaise. J&#8217;ai introduit de nombreuses gammes virtuoses, de belles ornementations et des accords bris\u00e9s o\u00f9 se faufile ma m\u00e9lodie. Je vais l&#8217;offrir \u00e0 mon cher professeur pour le jour de sa f\u00eate, le 23 avril prochain. Il est bien vieux maintenant et ne sait plus trop quoi faire avec moi.<\/strong><\/p>\n[08:52] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>Papa et maman re\u00e7oivent tous les jeudis dans leur salon des personnalit\u00e9s tr\u00e8s importantes \u00e0 Varsovie. Hier soir, parmi les invit\u00e9s, il y avait Joseph Elsner, le nouveau directeur de l&#8217;Op\u00e9ra et du Conservatoire national de Varsovie. Mes compositions l&#8217;ont int\u00e9ress\u00e9 et il a accept\u00e9 d&#8217;\u00eatre mon professeur de composition au Conservatoire. Je vais pouvoir \u00e9tudier tous les accords possibles avec mon piano, mais j&#8217;enrage d&#8217;avoir une main si petite. Je vais mettre des morceaux de bois entre mes doigts pour les \u00e9carter et je pourrais ainsi jouer tous les accords petits et grands.<\/strong><\/p>\n[09:36] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>24 f\u00e9vrier 1823. Ce soir, un concert est organis\u00e9 par ce brave Joseph, professeur de piano au Conservatoire, celui qui parle cinq langues \u00e0 la fois. J&#8217;ai treize ans. Je joue le concerto pour piano de Ferdinand Rice. Un article dans Le Courrier pour le beau sexe mentionne mon nom aux c\u00f4t\u00e9s de celui du pianiste Franz Liszt qui jouait \u00e0 Vienne le m\u00eame soir. A chacun son prodige.<\/strong><\/p>\n[10:27] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>Octobre 1823. Nous avons pass\u00e9 l&#8217;\u00e9t\u00e9 chez les Schaerbeek \u00e0 \u017belazowa Wola. C&#8217;est l\u00e0-bas que je suis n\u00e9. Maintenant. Je suis \u00e9l\u00e8ve en classe de quatri\u00e8me au lyc\u00e9e de Varsovie.<\/strong><\/p>\n[10:53] &#8211; Chopin<br \/>\n<strong>Papa a souhait\u00e9 que je rejoigne les bancs de l&#8217;\u00e9cole. Alors, chaque matin, je m&#8217;habille de mon uniforme bleu, une veste longue, cintr\u00e9e \u00e0 la taille et boutonn\u00e9e en haut avec une casquette galonn\u00e9e. L&#8217;allure est un peu militaire. Je rejoins ma classe, mais je ne sacrifierai pas mon piano sur l&#8217;autel des \u00e9tudes.<\/strong><\/p>\n[11:28] &#8211; Orateur<br \/>\n<strong>A r\u00e9\u00e9couter sur <a href=\"https:\/\/www.radiofrance.fr\/francemusique\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.radiofrance.fr\/francemusique<\/a>.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[00:01] &#8211; Orateur France Musique. [00:15] &#8211; Orateur Le journal intime de Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin. [00:36] &#8211; Chopin Le royaume de mon enfance. [00:52] &#8211; Chopin Varsovie, 1816. Cet apr\u00e8s-midi, je suis rest\u00e9 allong\u00e9 sous le grand piano du salon. 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