{"id":3955,"date":"2023-11-08T13:23:29","date_gmt":"2023-11-08T13:23:29","guid":{"rendered":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/?p=3955"},"modified":"2023-11-08T13:41:04","modified_gmt":"2023-11-08T13:41:04","slug":"germinal-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/2023\/11\/08\/germinal-1\/","title":{"rendered":"Germinal &#8211; 1"},"content":{"rendered":"<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_85 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Table of Contents<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><a href=\"#\" class=\"ez-toc-pull-right ez-toc-btn ez-toc-btn-xs ez-toc-btn-default ez-toc-toggle\" aria-label=\"Toggle Table of Content\"><span class=\"ez-toc-js-icon-con\"><span class=\"\"><span class=\"eztoc-hide\" style=\"display:none;\">Toggle<\/span><span class=\"ez-toc-icon-toggle-span\"><svg style=\"fill: #999;color:#999\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" class=\"list-377408\" width=\"20px\" height=\"20px\" viewBox=\"0 0 24 24\" fill=\"none\"><path d=\"M6 6H4v2h2V6zm14 0H8v2h12V6zM4 11h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2zM4 16h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2z\" fill=\"currentColor\"><\/path><\/svg><svg style=\"fill: #999;color:#999\" class=\"arrow-unsorted-368013\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"10px\" height=\"10px\" viewBox=\"0 0 24 24\" version=\"1.2\" baseProfile=\"tiny\"><path d=\"M18.2 9.3l-6.2-6.3-6.2 6.3c-.2.2-.3.4-.3.7s.1.5.3.7c.2.2.4.3.7.3h11c.3 0 .5-.1.7-.3.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7zM5.8 14.7l6.2 6.3 6.2-6.3c.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7c-.2-.2-.4-.3-.7-.3h-11c-.3 0-.5.1-.7.3-.2.2-.3.5-.3.7s.1.5.3.7z\"\/><\/svg><\/span><\/span><\/span><\/a><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/2023\/11\/08\/germinal-1\/#Liens\" >Liens<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/2023\/11\/08\/germinal-1\/#Parte_I_Chapitre_I\" >Parte I, Chapitre I<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/2023\/11\/08\/germinal-1\/#%E2%80%94_La_Fin_%E2%80%94\" >&#8212; La Fin &#8212;<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Liens\"><\/span>Liens<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p><a href=\"https:\/\/www.gutenberg.org\/cache\/epub\/5711\/pg5711.txt\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.gutenberg.org\/cache\/epub\/5711\/pg5711.txt<\/a> Text of Germinal in French<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.gutenberg.org\/ebooks\/5711\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.gutenberg.org\/ebooks\/5711<\/a><\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Parte_I_Chapitre_I\"><\/span>Parte I, Chapitre I<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Dans la plaine rase, sous la nuit sans \u00e9toiles, d&#8217;une obscurit\u00e9 et d&#8217;une \u00e9paisseur d&#8217;encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes \u00e0 Montsou, dix kilom\u00e8tres de pav\u00e9 coupant tout droit, \u00e0 travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait m\u00eame pas le sol noir, et il n&#8217;avait la sensation de l&#8217;immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glac\u00e9es d&#8217;avoir balay\u00e9 des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d&#8217;arbre ne tachait le ciel, le pav\u00e9 se d\u00e9roulait avec la rectitude d&#8217;une jet\u00e9e, au milieu de l&#8217;embrun aveuglant des t\u00e9n\u00e8bres.<\/p>\n<p>L&#8217;homme \u00e9tait parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d&#8217;un pas allong\u00e9, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, nou\u00e9 dans un mouchoir \u00e0 carreaux, le g\u00eanait beaucoup; et il le serrait contre ses flancs, tant\u00f4t d&#8217;un coude, tant\u00f4t de l&#8217;autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains \u00e0 la fois, des mains gourdes que les lani\u00e8res du vent d&#8217;est faisaient saigner. Une seule id\u00e9e occupait sa t\u00eate vide d&#8217;ouvrier sans travail et sans g\u00eete, l&#8217;espoir que le froid serait moins vif apr\u00e8s le lever du jour. Depuis une heure, il avan\u00e7ait ainsi, lorsque sur la gauche, \u00e0 deux kilom\u00e8tres de Montsou, il aper\u00e7ut des feux rouges, trois brasiers br\u00fblant au plein air, et comme suspendus. D&#8217;abord, il h\u00e9sita, pris de crainte; puis, il ne put r\u00e9sister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.<\/p>\n<p>Un chemin creux s&#8217;enfon\u00e7ait. Tout disparut. L&#8217;homme avait \u00e0 droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferr\u00e9e; tandis qu&#8217;un talus d&#8217;herbe s&#8217;\u00e9levait \u00e0 gauche, surmont\u00e9 de pignons confus, d&#8217;une vision de village aux toitures basses et uniformes. Il fit environ deux cents pas. Brusquement, \u00e0 un coude du chemin, les feux reparurent pr\u00e8s de lui, sans qu&#8217;il compr\u00eet davantage comment ils br\u00fblaient si haut dans le ciel mort, pareils \u00e0 des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l&#8217;arr\u00eater. C&#8217;\u00e9tait une masse lourde, un tas \u00e9cras\u00e9 de constructions, d&#8217;o\u00f9 se dressait la silhouette d&#8217;une chemin\u00e9e d&#8217;usine; de rares lueurs sortaient des fen\u00eatres encrass\u00e9es, cinq ou six lanternes tristes \u00e9taient pendues dehors, \u00e0 des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tr\u00e9teaux gigantesques; et, de cette apparition fantastique, noy\u00e9e de nuit et de fum\u00e9e, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d&#8217;un \u00e9chappement de vapeur, qu&#8217;on ne voyait point.<\/p>\n<p>Alors, l&#8217;homme reconnut une fosse. Il fut repris de honte: \u00e0 quoi bon? il n&#8217;y aurait pas de travail. Au lieu de se diriger vers les b\u00e2timents, il se risqua enfin \u00e0 gravir le terri sur lequel br\u00fblaient les trois feux de houille, dans des corbeilles de fonte, pour \u00e9clairer et r\u00e9chauffer la besogne. Les ouvriers de la coupe \u00e0 terre avaient d\u00fb travailler tard, on sortait encore les d\u00e9bris inutiles. Maintenant, il entendait les moulineurs pousser les trains sur les tr\u00e9teaux, il distinguait des ombres vivantes culbutant les berlines, pr\u00e8s de chaque feu.<\/p>\n<p>\u2014Bonjour, dit-il en s&#8217;approchant d&#8217;une des corbeilles.<\/p>\n<p>Tournant le dos au brasier, le charretier \u00e9tait debout, un vieillard v\u00eatu d&#8217;un tricot de laine violette, coiff\u00e9 d&#8217;une casquette en poil de lapin; pendant que son cheval, un gros cheval jaune, attendait, dans une immobilit\u00e9 de pierre, qu&#8217;on e\u00fbt vid\u00e9 les six berlines mont\u00e9es par lui. Le manoeuvre employ\u00e9 au culbuteur, un gaillard roux et efflanqu\u00e9, ne se pressait gu\u00e8re, pesait sur le levier d&#8217;une main endormie. Et, l\u00e0-haut, le vent redoublait, une bise glaciale, dont les grandes haleines r\u00e9guli\u00e8res passaient comme des coups de faux.<\/p>\n<p>\u2014Bonjour, r\u00e9pondit le vieux.<\/p>\n<p>Un silence se fit. L&#8217;homme, qui se sentait regard\u00e9 d&#8217;un oeil m\u00e9fiant, dit son nom tout de suite.<\/p>\n<p>\u2014Je me nomme \u00c9tienne Lantier, je suis machineur\u2026 Il n&#8217;y a pas de travail ici?<\/p>\n<p>Les flammes l&#8217;\u00e9clairaient, il devait avoir vingt et un ans, tr\u00e8s brun, joli homme, l&#8217;air fort malgr\u00e9 ses membres menus.<\/p>\n<p>Rassur\u00e9, le charretier hochait la t\u00eate.<\/p>\n<p>\u2014Du travail pour un machineur, non, non\u2026 Il s&#8217;en est encore pr\u00e9sent\u00e9 deux hier. Il n&#8217;y a rien.<\/p>\n<p>Une rafale leur coupa la parole. Puis, \u00c9tienne demanda, en montrant le tas sombre des constructions, au pied du terri:<\/p>\n<p>\u2014C&#8217;est une fosse, n&#8217;est-ce pas?<\/p>\n<p>Le vieux, cette fois, ne put r\u00e9pondre. Un violent acc\u00e8s de toux l&#8217;\u00e9tranglait. Enfin, il cracha, et son crachat, sur le sol empourpr\u00e9, laissa une tache noire.<\/p>\n<p>\u2014Oui, une fosse, le Voreux\u2026 Tenez! le coron est tout pr\u00e8s.<\/p>\n<p>A son tour, de son bras tendu, il d\u00e9signait dans la nuit le village dont le jeune homme avait devin\u00e9 les toitures. Mais les six berlines \u00e9taient vides, il les suivit sans un claquement de fouet, les jambes raidies par des rhumatismes; tandis que le gros cheval jaune repartait tout seul, tirait pesamment entre les rails, sous une nouvelle bourrasque, qui lui h\u00e9rissait le poil.<\/p>\n<p>Le Voreux, \u00e0 pr\u00e9sent, sortait du r\u00eave. \u00c9tienne, qui s&#8217;oubliait devant le brasier \u00e0 chauffer ses pauvres mains saignantes, regardait, retrouvait chaque partie de la fosse, le hangar goudronn\u00e9 du criblage, le beffroi du puits, la vaste chambre de la machine d&#8217;extraction, la tourelle carr\u00e9e de la pompe d&#8217;\u00e9puisement. Cette fosse, tass\u00e9e au fond d&#8217;un creux, avec ses constructions trapues de briques, dressant sa chemin\u00e9e comme une corne mena\u00e7ante, lui semblait avoir un air mauvais de b\u00eate goulue, accroupie l\u00e0 pour manger le monde.<\/p>\n<p>Tout en l&#8217;examinant, il songeait \u00e0 lui, \u00e0 son existence de vagabond, depuis huit jours qu&#8217;il cherchait une place; il se revoyait dans son atelier du chemin de fer, giflant son chef, chass\u00e9 de Lille, chass\u00e9 de partout; le samedi, il \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 Marchiennes, o\u00f9 l&#8217;on disait qu&#8217;il y avait du travail, aux Forges; et rien, ni aux Forges, ni chez Sonneville, il avait d\u00fb passer le dimanche cach\u00e9 sous les bois d&#8217;un chantier de charronnage, dont le surveillant venait de l&#8217;expulser, \u00e0 deux heures de la nuit. Rien, plus un sou, pas m\u00eame une cro\u00fbte: qu&#8217;allait-il faire ainsi par les chemins, sans but, ne sachant seulement o\u00f9 s&#8217;abriter contre la bise? Oui, c&#8217;\u00e9tait bien une fosse, les rares lanternes \u00e9clairaient le carreau, une porte brusquement ouverte lui avait permis d&#8217;entrevoir les foyers des g\u00e9n\u00e9rateurs, dans une clart\u00e9 vive. Il s&#8217;expliquait jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9chappement de la pompe, cette respiration grosse et longue, soufflant sans rel\u00e2che, qui \u00e9tait comme l&#8217;haleine engorg\u00e9e du monstre.<\/p>\n<p>Le manoeuvre du culbuteur, gonflant le dos, n&#8217;avait pas m\u00eame lev\u00e9 les yeux sur \u00c9tienne, et celui-ci allait ramasser son petit paquet tomb\u00e9 \u00e0 terre, lorsqu&#8217;un acc\u00e8s de toux annon\u00e7a le retour du charretier. Lentement, on le vit sortir de l&#8217;ombre, suivi du cheval jaune, qui montait six nouvelles berlines pleines.<\/p>\n<p>\u2014Il y a des fabriques \u00e0 Montsou? demanda le jeune homme.<\/p>\n<p>Le vieux cracha noir, puis r\u00e9pondit dans le vent:<\/p>\n<p>\u2014Oh! ce ne sont pas les fabriques qui manquent. Fallait voir \u00e7a, il y a trois ou quatre ans! Tout ronflait, on ne pouvait trouver des hommes, jamais on n&#8217;avait tant gagn\u00e9\u2026 Et voil\u00e0 qu&#8217;on se remet \u00e0 se serrer le ventre. Une vraie piti\u00e9 dans le pays, on renvoie le monde, les ateliers ferment les uns apr\u00e8s les autres\u2026 Ce n&#8217;est peut-\u00eatre pas la faute de l&#8217;empereur; mais pourquoi va-t-il se battre en Am\u00e9rique? Sans compter que les b\u00eates meurent du chol\u00e9ra, comme les gens.<\/p>\n<p>Alors, en courtes phrases, l&#8217;haleine coup\u00e9e, tous deux continu\u00e8rent \u00e0 se plaindre. \u00c9tienne racontait ses courses inutiles depuis une semaine: il fallait donc crever de faim? bient\u00f4t les routes seraient pleines de mendiants. Oui, disait le vieillard, \u00e7a finirait par mal tourner, car il n&#8217;\u00e9tait pas Dieu permis de jeter tant de chr\u00e9tiens \u00e0 la rue.<\/p>\n<p>\u2014On n&#8217;a pas de la viande tous les jours.<\/p>\n<p>\u2014Encore si l&#8217;on avait du pain!<\/p>\n<p>\u2014C&#8217;est vrai, si l&#8217;on avait du pain seulement!<\/p>\n<p>Leurs voix se perdaient, des bourrasques emportaient les mots dans un hurlement m\u00e9lancolique.<\/p>\n<p>\u2014Tenez! reprit tr\u00e8s haut le charretier en se tournant vers le midi,<br \/>\nMontsou est l\u00e0\u2026<br \/>\nEt, de sa main tendue de nouveau, il d\u00e9signa dans les t\u00e9n\u00e8bres des points invisibles, \u00e0 mesure qu&#8217;il les nommait. L\u00e0-bas, \u00e0 Montsou, la sucrerie Fauvelle marchait encore, mais la sucrerie Hoton venait de r\u00e9duire son personnel, il n&#8217;y avait gu\u00e8re que la minoterie Dutilleul et la corderie Bleuze pour les c\u00e2bles de mine, qui tinssent le coup. Puis, d&#8217;un geste large, il indiqua, au nord, toute une moiti\u00e9 de l&#8217;horizon: les ateliers de construction Sonneville n&#8217;avaient pas re\u00e7u les deux tiers de leurs commandes habituelles; sur les trois hauts fourneaux des Forges de Marchiennes, deux seulement \u00e9taient allum\u00e9s; enfin, \u00e0 la verrerie Gagebois, une gr\u00e8ve mena\u00e7ait, car on parlait d&#8217;une r\u00e9duction de salaire.<\/p>\n<p>\u2014Je sais, je sais, r\u00e9p\u00e9tait le jeune homme \u00e0 chaque indication. J&#8217;en viens.<\/p>\n<p>\u2014Nous autres, \u00e7a va jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, ajouta le charretier. Les fosses ont pourtant diminu\u00e9 leur extraction. Et regardez, en face, \u00e0 la Victoire, il n&#8217;y a aussi que deux batteries de fours \u00e0 coke qui flambent.<\/p>\n<p>Il cracha, il repartit derri\u00e8re son cheval somnolent, apr\u00e8s l&#8217;avoir attel\u00e9 aux berlines vides.<\/p>\n<p>Maintenant, \u00c9tienne dominait le pays entier. Les t\u00e9n\u00e8bres demeuraient profondes, mais la main du vieillard les avait comme emplies de grandes mis\u00e8res, que le jeune homme, inconsciemment, sentait \u00e0 cette heure autour de lui, partout, dans l&#8217;\u00e9tendue sans bornes. N&#8217;\u00e9tait-ce pas un cri de famine que roulait le vent de mars, au travers de cette campagne nue? Les rafales s&#8217;\u00e9taient enrag\u00e9es, elles semblaient apporter la mort du travail, une disette qui tuerait beaucoup d&#8217;hommes. Et, les yeux errants, il s&#8217;effor\u00e7ait de percer les ombres, tourment\u00e9 du d\u00e9sir et de la peur de voir. Tout s&#8217;an\u00e9antissait au fond de l&#8217;inconnu des nuits obscures, il n&#8217;apercevait, tr\u00e8s loin, que les hauts fourneaux et les fours \u00e0 coke. Ceux-ci, des batteries de cent chemin\u00e9es, plant\u00e9es obliquement, alignaient des rampes de flammes rouges; tandis que les deux tours, plus \u00e0 gauche, br\u00fblaient toutes bleues en plein ciel, comme des torches g\u00e9antes. C&#8217;\u00e9tait d&#8217;une tristesse d&#8217;incendie, il n&#8217;y avait d&#8217;autres levers d&#8217;astres, \u00e0 l&#8217;horizon mena\u00e7ant, que ces feux nocturnes des pays de la houille et du fer.<\/p>\n<p>\u2014Vous \u00eates peut-\u00eatre de la Belgique? reprit derri\u00e8re \u00c9tienne le charretier, qui \u00e9tait revenu.<\/p>\n<p>Cette fois, il n&#8217;amenait que trois berlines. On pouvait toujours culbuter celles-l\u00e0: un accident arriv\u00e9 \u00e0 la cage d&#8217;extraction, un \u00e9crou cass\u00e9, allait arr\u00eater le travail pendant un grand quart d&#8217;heure. En bas du terri, un silence s&#8217;\u00e9tait fait, les moulineurs n&#8217;\u00e9branlaient plus les tr\u00e9teaux d&#8217;un roulement prolong\u00e9. On entendait seulement sortir de la fosse le bruit lointain d&#8217;un marteau, tapant sur de la t\u00f4le.<\/p>\n<p>\u2014Non, je suis du Midi, r\u00e9pondit le jeune homme.<\/p>\n<p>Le manoeuvre, apr\u00e8s avoir vid\u00e9 les berlines, s&#8217;\u00e9tait assis \u00e0 terre, heureux de l&#8217;accident; et il gardait sa sauvagerie muette, il avait simplement lev\u00e9 de gros yeux \u00e9teints sur le charretier, comme g\u00ean\u00e9 par tant de paroles. Ce dernier, en effet, n&#8217;en disait pas si long d&#8217;habitude. Il fallait que le visage de l&#8217;inconnu lui conv\u00eent et qu&#8217;il f\u00fbt pris d&#8217;une de ces d\u00e9mangeaisons de confidences, qui font parfois causer les vieilles gens tout seuls, \u00e0 haute voix.<\/p>\n<p>\u2014Moi, dit-il, je suis de Montsou, je m&#8217;appelle Bonnemort.<\/p>\n<p>\u2014C&#8217;est un surnom? demanda \u00c9tienne \u00e9tonn\u00e9.<\/p>\n<p>Le vieux eut un ricanement d&#8217;aise, et montrant le Voreux:<\/p>\n<p>\u2014Oui, oui\u2026 On m&#8217;a retir\u00e9 trois fois de l\u00e0-dedans en morceaux, une fois avec tout le poil roussi, une autre avec de la terre jusque dans le g\u00e9sier, la troisi\u00e8me avec le ventre gonfl\u00e9 d&#8217;eau comme une grenouille\u2026 Alors, quand ils ont vu que je ne voulais pas crever, ils m&#8217;ont appel\u00e9 Bonnemort, pour rire.<\/p>\n<p>Sa gaiet\u00e9 redoubla, un grincement de poulie mal graiss\u00e9e, qui finit par d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en un acc\u00e8s terrible de toux. La corbeille de feu, maintenant, \u00e9clairait en plein sa grosse t\u00eate, aux cheveux blancs et rares, \u00e0 la face plate, d&#8217;une p\u00e2leur livide, macul\u00e9e de taches bleu\u00e2tres. Il \u00e9tait petit, le cou \u00e9norme, les mollets et les talons en dehors, avec de longs bras dont les mains carr\u00e9es tombaient \u00e0 ses genoux. Du reste, comme son cheval qui demeurait immobile sur les pieds, sans para\u00eetre souffrir du vent, il semblait en pierre, il n&#8217;avait l&#8217;air de se douter ni du froid ni des bourrasques sifflant \u00e0 ses oreilles. Quand il eut touss\u00e9, la gorge arrach\u00e9e par un raclement profond, il cracha au pied de la corbeille, et la terre noircit.<\/p>\n<p>\u00c9tienne le regardait, regardait le sol qu&#8217;il tachait de la sorte.<\/p>\n<p>\u2014Il y a longtemps, reprit-il, que vous travaillez \u00e0 la mine?<\/p>\n<p>Bonnemort ouvrit tout grands les deux bras.<\/p>\n<p>\u2014Longtemps, ah! oui!\u2026 Je n&#8217;avais pas huit ans, lorsque je suis descendu, tenez! juste dans le Voreux, et j&#8217;en ai cinquante-huit, \u00e0 cette heure. Calculez un peu\u2026 J&#8217;ai tout fait l\u00e0-dedans, galibot d&#8217;abord, puis herscheur, quand j&#8217;ai eu la force de rouler, puis haveur pendant dix-huit ans. Ensuite, \u00e0 cause de mes sacr\u00e9es jambes, ils m&#8217;ont mis de la coupe \u00e0 terre, remblayeur, raccommodeur, jusqu&#8217;au moment o\u00f9 il leur a fallu me sortir du fond, parce que le m\u00e9decin disait que j&#8217;allais y rester. Alors, il y a cinq ann\u00e9es de cela, ils m&#8217;ont fait charretier\u2026 Hein? c&#8217;est joli, cinquante ans de mine, dont quarante-cinq au fond!<\/p>\n<p>Tandis qu&#8217;il parlait, des morceaux de houille enflamm\u00e9s, qui, par moments, tombaient de la corbeille, allumaient sa face bl\u00eame d&#8217;un reflet sanglant.<\/p>\n<p>\u2014Ils me disent de me reposer, continua-t-il. Moi, je ne veux pas, ils me croient trop b\u00eate!\u2026 J&#8217;irai bien deux ann\u00e9es, jusqu&#8217;\u00e0 ma soixantaine, pour avoir la pension de cent quatre-vingts francs. Si je leur souhaitais le bonsoir aujourd&#8217;hui, ils m&#8217;accorderaient tout de suite celle de cent cinquante. Ils sont malins, les bougres!\u2026 D&#8217;ailleurs, je suis solide, \u00e0 part les jambes. C&#8217;est, voyez-vous, l&#8217;eau qui m&#8217;est entr\u00e9e sous la peau, \u00e0 force d&#8217;\u00eatre arros\u00e9 dans les tailles. Il y a des jours o\u00f9 je ne peux pas remuer une patte sans crier.<\/p>\n<p>Une crise de toux l&#8217;interrompit encore.<\/p>\n<p>\u2014Et \u00e7a vous fait tousser aussi? dit \u00c9tienne.<\/p>\n<p>Mais il r\u00e9pondit non de la t\u00eate, violemment. Puis, quand il put parler:<\/p>\n<p>\u2014Non, non, je me suis enrhum\u00e9, l&#8217;autre mois. Jamais je ne toussais, \u00e0 pr\u00e9sent je ne peux plus me d\u00e9barrasser\u2026 Et le dr\u00f4le, c&#8217;est que je crache, c&#8217;est que je crache\u2026<\/p>\n<p>Un raclement monta de sa gorge, il cracha noir.<\/p>\n<p>\u2014Est-ce que c&#8217;est du sang? demanda \u00c9tienne, osant enfin le questionner.<\/p>\n<p>Lentement, Bonnemort s&#8217;essuyait la bouche d&#8217;un revers de main.<\/p>\n<p>\u2014C&#8217;est du charbon\u2026 J&#8217;en ai dans la carcasse de quoi me chauffer jusqu&#8217;\u00e0 la fin de mes jours. Et voil\u00e0 cinq ans que je ne remets pas les pieds au fond. J&#8217;avais \u00e7a en magasin, para\u00eet-il, sans m\u00eame m&#8217;en douter. Bah! \u00e7a conserve!<\/p>\n<p>Il y eut un silence, le marteau lointain battait \u00e0 coups r\u00e9guliers dans la fosse, le vent passait avec sa plainte, comme un cri de faim et de lassitude venu des profondeurs de la nuit. Devant les flammes qui s&#8217;effaraient, le vieux continuait plus bas, rem\u00e2chant des souvenirs. Ah! bien s\u00fbr, ce n&#8217;\u00e9tait pas d&#8217;hier que lui et les siens tapaient \u00e0 la veine! La famille travaillait pour la Compagnie des mines de Montsou, depuis la cr\u00e9ation; et cela datait de loin, il y avait d\u00e9j\u00e0 cent six ans. Son a\u00efeul, Guillaume Maheu, un gamin de quinze ans alors, avait trouv\u00e9 le charbon gras \u00e0 R\u00e9quillart, la premi\u00e8re fosse de la Compagnie, une vieille fosse aujourd&#8217;hui abandonn\u00e9e, l\u00e0-bas, pr\u00e8s de la sucrerie Fauvelle. Tout le pays le savait, \u00e0 preuve que la veine d\u00e9couverte s&#8217;appelait la veine Guillaume, du pr\u00e9nom de son grand-p\u00e8re. Il ne l&#8217;avait pas connu, un gros \u00e0 ce qu&#8217;on racontait, tr\u00e8s fort, mort de vieillesse \u00e0 soixante ans. Puis, son p\u00e8re, Nicolas Maheu dit le Rouge, \u00e2g\u00e9 de quarante ans \u00e0 peine, \u00e9tait rest\u00e9 dans le Voreux, que l&#8217;on fon\u00e7ait en ce temps-l\u00e0: un \u00e9boulement, un aplatissement complet, le sang bu et les os aval\u00e9s par les roches. Deux de ses oncles et ses trois fr\u00e8res, plus tard, y avaient aussi laiss\u00e9 leur peau. Lui, Vincent Maheu, qui en \u00e9tait sorti \u00e0 peu pr\u00e8s entier, les jambes mal d&#8217;aplomb seulement, passait pour un malin. Quoi faire, d&#8217;ailleurs? Il fallait travailler. On faisait \u00e7a de p\u00e8re en fils, comme on aurait fait autre chose. Son fils, Toussaint Maheu, y crevait maintenant, et ses petits-fils, et tout son monde, qui logeait en face, dans le coron. Cent six ans d&#8217;abattage, les mioches apr\u00e8s les vieux, pour le m\u00eame patron: hein? beaucoup de bourgeois n&#8217;auraient pas su dire si bien leur histoire!<\/p>\n<p>\u2014Encore, lorsqu&#8217;on mange! murmura de nouveau \u00c9tienne.<\/p>\n<p>\u2014C&#8217;est ce que je dis, tant qu&#8217;on a du pain \u00e0 manger, on peut vivre.<\/p>\n<p>Bonnemort se tut, les yeux tourn\u00e9s vers le coron, o\u00f9 des lueurs s&#8217;allumaient une \u00e0 une. Quatre heures sonnaient au clocher de Montsou, le froid devenait plus vif.<\/p>\n<p>\u2014Et elle est riche, votre Compagnie? reprit \u00c9tienne.<\/p>\n<p>Le vieux haussa les \u00e9paules, puis les laissa retomber, comme accabl\u00e9 sous un \u00e9croulement d&#8217;\u00e9cus.<\/p>\n<p>\u2014Ah! oui, ah! oui\u2026 Pas aussi riche peut-\u00eatre que sa voisine, la Compagnie d&#8217;Anzin. Mais des millions et des millions tout de m\u00eame. On ne compte plus\u2026 Dix-neuf fosses, dont treize pour l&#8217;exploitation, le Voreux, la Victoire, Cr\u00e8vecoeur, Mirou, Saint-Thomas, Madeleine, Feutry-Cantel, d&#8217;autres encore, et six pour l&#8217;\u00e9puisement ou l&#8217;a\u00e9rage, comme R\u00e9quillart\u2026 Dix mille ouvriers, des concessions qui s&#8217;\u00e9tendent sur soixante-sept communes, une extraction de cinq mille tonnes par jour, un chemin de fer reliant toutes les fosses, et des ateliers, et des fabriques!\u2026 Ah! oui, ah! oui, il y en a, de l&#8217;argent!<\/p>\n<p>Un roulement de berlines, sur les tr\u00e9teaux, fit dresser les oreilles du gros cheval jaune. En bas, la cage devait \u00eatre r\u00e9par\u00e9e, les moulineurs avaient repris leur besogne. Pendant qu&#8217;il attelait sa b\u00eate, pour redescendre, le charretier ajouta doucement, en s&#8217;adressant \u00e0 elle:<\/p>\n<p>\u2014Faut pas t&#8217;habituer \u00e0 bavarder, fichu paresseux!\u2026 Si monsieur<br \/>\nHennebeau savait \u00e0 quoi tu perds le temps!<br \/>\n\u00c9tienne, songeur, regardait la nuit. Il demanda:<\/p>\n<p>\u2014Alors, c&#8217;est \u00e0 monsieur Hennebeau, la mine?<\/p>\n<p>\u2014Non, expliqua le vieux, monsieur Hennebeau n&#8217;est que le directeur g\u00e9n\u00e9ral. Il est pay\u00e9 comme nous.<\/p>\n<p>D&#8217;un geste, le jeune homme montra l&#8217;immensit\u00e9 des t\u00e9n\u00e8bres.<\/p>\n<p>\u2014A qui est-ce donc, tout \u00e7a?<\/p>\n<p>Mais Bonnemort resta un instant suffoqu\u00e9 par une nouvelle crise, d&#8217;une telle violence, qu&#8217;il ne pouvait reprendre haleine. Enfin, quand il eut crach\u00e9 et essuy\u00e9 l&#8217;\u00e9cume noire de ses l\u00e8vres, il dit, dans le vent qui redoublait:<\/p>\n<p>\u2014Hein? \u00e0 qui tout \u00e7a?\u2026 On n&#8217;en sait rien. A des gens.<\/p>\n<p>Et, de la main, il d\u00e9signait dans l&#8217;ombre un point vague, un lieu ignor\u00e9 et recul\u00e9, peupl\u00e9 de ces gens, pour qui les Maheu tapaient \u00e0 la veine depuis plus d&#8217;un si\u00e8cle. Sa voix avait pris une sorte de peur religieuse, c&#8217;\u00e9tait comme s&#8217;il e\u00fbt parl\u00e9 d&#8217;un tabernacle inaccessible, o\u00f9 se cachait le dieu repu et accroupi, auquel ils donnaient tous leur chair, et qu&#8217;ils n&#8217;avaient jamais vu.<\/p>\n<p>\u2014Au moins si l&#8217;on mangeait du pain \u00e0 sa suffisance! r\u00e9p\u00e9ta pour la troisi\u00e8me fois \u00c9tienne, sans transition apparente.<\/p>\n<p>\u2014Dame, oui! si l&#8217;on mangeait toujours du pain, ce serait trop beau!<\/p>\n<p>Le cheval \u00e9tait parti, le charretier disparut \u00e0 son tour, d&#8217;un pas tra\u00eenard d&#8217;invalide. Pr\u00e8s du culbuteur, le manoeuvre n&#8217;avait point boug\u00e9, ramass\u00e9 en boule, enfon\u00e7ant le menton entre ses genoux, fixant sur le vide ses gros yeux \u00e9teints.<\/p>\n<p>Quand il eut repris son paquet, \u00c9tienne ne s&#8217;\u00e9loigna pas encore. Il sentait les rafales lui glacer le dos, pendant que sa poitrine br\u00fblait, devant le grand feu. Peut-\u00eatre, tout de m\u00eame, ferait-il bien de s&#8217;adresser \u00e0 la fosse: le vieux pouvait ne pas savoir; puis, il se r\u00e9signait, il accepterait n&#8217;importe quelle besogne. O\u00f9 aller et que devenir, \u00e0 travers ce pays affam\u00e9 par le ch\u00f4mage? laisser derri\u00e8re un mur sa carcasse de chien perdu? Cependant, une h\u00e9sitation le troublait, une peur du Voreux, au milieu de cette plaine rase, noy\u00e9e sous une nuit si \u00e9paisse. A chaque bourrasque, le vent paraissait grandir, comme s&#8217;il e\u00fbt souffl\u00e9 d&#8217;un horizon sans cesse \u00e9largi. Aucune aube ne blanchissait dans le ciel mort, les hauts fourneaux seuls flambaient, ainsi que les fours \u00e0 coke, ensanglantant les t\u00e9n\u00e8bres, sans en \u00e9clairer l&#8217;inconnu. Et le Voreux, au fond de son trou, avec son tassement de b\u00eate m\u00e9chante, s&#8217;\u00e9crasait davantage, respirait d&#8217;une haleine plus grosse et plus longue, l&#8217;air g\u00ean\u00e9 par sa digestion p\u00e9nible de chair humaine.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"%E2%80%94_La_Fin_%E2%80%94\"><\/span>&#8212; La Fin &#8212;<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Liens https:\/\/www.gutenberg.org\/cache\/epub\/5711\/pg5711.txt Text of Germinal in French https:\/\/www.gutenberg.org\/ebooks\/5711 Parte I, Chapitre I Dans la plaine rase, sous la nuit sans \u00e9toiles, d&#8217;une obscurit\u00e9 et d&#8217;une \u00e9paisseur d&#8217;encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes \u00e0 Montsou, dix kilom\u00e8tres&hellip;<\/p>\n<p class=\"more-link-p\"><a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/2023\/11\/08\/germinal-1\/\">Read more &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3956,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-3955","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-french"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/germinal-e1699613005691.jpeg","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8rlea-11N","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3955","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3955"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3955\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3961,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3955\/revisions\/3961"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3956"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3955"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3955"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/saint-christophers-hosting.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3955"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}