Ben Mazué, Gaël Faye et Grand Corps Malade

Ben Mazué, Gaël Faye et Grand Corps Malade sont amis dans la vie. Ils ont suspendu leurs tournées et leurs impératifs respectifs pour se retrouver en studio dans le Sud de la France. De cette pause éphémère est née une BD, et un mini-album, Ephémère.

C’est assez rare que trois concurrents aux Victoires de la Musique soient amis dans la vraie vie. Dans le sud de la France, Ben Mazué, Grand Corps Malade et Gaël Faye se sont enfermés quelques jours pour écrire et chanter. Ensemble, ils évoquent l’enfance, l’engagement, le monde de la musique…

Tout est parti d’un message de Grand Corps Malade sur un groupe WhatsApp à ses “frères de plumes”. Il leur proposait de se retrouver hors du monde et du temps, en studio “dans l’idée de faire ce qu’on veut quand on veut, de casser un peu les codes”.
Six heures plus tard, Gaël Faye répond que “ça le chauffe”. Il vient d’arriver à Kigali. Deux heures après, c’est Ben Mazué, qui écrit qu’il est lui aussi “super chaud, n’importe où n’importe quand !” Ce projet atypique se dessine.

Il s’agit donc d’écrire et de chanter à trois voix et à six mains, sur les musiques des compositeurs et réalisateurs Guillaume Poncelet et Mosimann. En avril 2022, les trois chanteurs se retrouvent à Saint Rémy de Provence, à La Fabrique, une maison du XIXe siècle transformée en studio. Ce lieu magique avait déjà inspiré d’autres grands artistes comme Radiohead, Nick Cave, Jacques Higelin ou encore Morrissey.

Retrouvailles amicales et artistiques

“Il n’était pas question de travail, mais avant tout de se retrouver et de s’affranchir complètement de nos contraintes du quotidien. On a tous sorti des albums, on a des tournées, on est tous parents. Alors cette session se présentait comme une parenthèse” explique Grand Corps Malade.

Dans la vraie vie, Grand Corps Malade, Gaël Faye et Ben Mazué sont amis depuis longtemps. Fabien, alias Grand Corps Malade, a rencontré Gaël Faye sur la scène slam du café Teranga Place de Clichy en 2004, et Ben Mazué une dizaine d’années plus tard.

Ils ont tous la quarantaine, et ont voyagé. Ben est né à Nice, Gaël est né à Bujumbura et Fabien a vu le jour au Blanc-Mesnil. Tous ont l’amour des mots. Ils sont avant tout auteurs et choisissent de faire de leurs textes le fil conducteur de chacune de leur chanson. C’est donc ce qu’ils ont fait pendant cette session un peu extraordinaire où ils sont arrivés “les mains dans les poches”, sans avoir rien préparé.

Les trois amis n’étaient pas vraiment seuls en studio. Ils étaient entourés d’une équipe de musiciens, d’un ingénieur du son mais aussi de cuisiniers, d’une dessinatrice, et d’un auteur de bande dessinée, qui accompagne la sortie de ce mini-album, et le livret du disque.

“Ils ont beau avoir gagné tous les trois des Victoires de la musique, vendu des centaines de milliers d’albums, chaque fois qu’une idée naît, on dirait la première fois. C’est pour cette raison que les trois amis avancent vite. Ils ont l’art d’être d’accord dans leurs désaccords,” note Frédéric Perrot, l’auteur des textes de cette bande dessinée, qui chronique avec douceur la fabrication de ce disque.

Parenthèse éphémère

Le premier matin, il y a pourtant eu un moment de silence, “pas du trac, ni de la tension” mais juste un moment avant de sauter. Et puis les trois garçons sont vite partis de différents thèmes issus des discussions pendant les repas et moments festifs, et ils ont composés sept titres en quelques jours seulement.

Cette promesse de répit, loin de leurs obligations professionnelles et familiales, a transformé ce rencart entre amis en un rendez-vous avec soi-même, qui permet de faire le point sur la folie des années passées, les concerts et les tournées (On a pris le temps), les souvenirs d’enfance, entre la Provence de Ben Mazué, Kigali et l’exil pour Gaël Faye, et Saint-Denis de Grand Corps Malade, chroniqués dans Sous mes paupières en un piano-voix minimaliste.

WordPress Cookie Notice by Real Cookie Banner