Florence – Le parc

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[00:00] Moi je me rends compte quand je vais
[00:01] au parc avec ma fille au square, et bien je vois de plus en plus de papas.
[00:07] C’est bien ! Félicitations Monsieur !
[00:09] Génial !
[00:10] Vous avez vu, on se fait chier, hein ?
[00:15] Non mais c’est bien comme ça maintenant, vous savez ce que vivent les femmes ?
[00:18] Parce que nous aussi on s’ennuie au parc.
[00:19] Je voulais vous dire on est comme vous,
[00:21] on n’a pas un gène du parc qui fait qu’on trouve ça tout le temps bas.
[00:27] On s’en fou tous, hommes ou femmes.
[00:30] On s’ennuie, on est comme des zombies, comme ça.
[00:31] Entre les manèges, on se regarde.
[00:35] Putain mais qu’est-ce que j’ai fait pour en arriver là, bordel ?
[00:39] Et qu’est-ce que je fous là, merde ! Hier, j’avais 20 ans,
[00:41] j’étais bourrée en boîte, je dansais sur imagine avec mon pantalon.
[00:46] Je me souviens, “it’s just an illusion”…
[00:48] Et aujourd’hui, c’est pas une illusion.
[00:51] Je suis là, en train de m’emmerder, de te le dire.
[00:54] On va le parc, il y a rien de plus, merde.
[00:55] Pardon. Excusez moi.
[01:00] Le parc …
[01:02] Le parc, c’est le cimetière de ta jeunesse.
[01:08] Le parc pour enfants, c’est la prison pour adulte, clairement.
[01:10] Alors on se regarde comme ça, entre condamnés à mort et on compatit.
[01:16] On compare nos peines en silence.
[01:17] Oh mon dieu, trois enfants, 30 ans !
[01:20] Courage !
[01:22] Jumeaux.
[01:23] Double peine, on viendra vous voir entouré.
[01:30] Quand c’est mort, c’est une prison très cruelle.
[01:33] En plus, je me parce que c’est à la fois détenu et surveillant.
[01:39] Donc tu ne peux pas t’évader.
[01:40] Impossible.
[01:41] Et pourtant, ton rêve.
[01:43] Ecoutez-moi bien les filles.
[01:44] J’ai le plan de ce putain de parc tatoué sur le cul.
[01:49] D’après mes calculs,
[01:49] si on creuse un tunnel ici sous le toboggan, on arrive direct chez Zara! Go !
[01:54] Mais si.
[01:55] Non mais c’est impossible de le voir.
[02:01] Un détail important il ne faut pas que ça
[02:04] se voit que tu t’ennuies au parc, sinon tu passes pour une mère indigne.
[02:07] On jette des pierres, donc évidemment, faut faire semblant.
[02:09] Tu sais, moi je rajoute tu joue à la maman modèle qui s’implique.
[02:13] Bonjour. La maman sociable, j’ai apporté des ballons.
[02:21] T’en fais des caisses évidemment, hein ?
[02:23] Tu vas même jusqu’à faire semblant
[02:24] de trouver ça passionnant de voir quatre petits cons se battre pour la même balançoire.
[02:29] Descends, chérie, Arrête ma puce, descende là.
[02:32] Oui, tu sais, la mienne. Ouais, ouais, ben c’est moi.
[02:37] C’est tout son père sauf le physique.
[02:40] Allez chéri, tu arrêtes.
[02:41] Excusez là, oui, tu arrêtes de pousser, tu attends ton tour.
[02:44] Voilà.
[02:44] Et bien tu attends que le petit ait fini et tire la petite taille.
[02:51] Bon, c’est pas énervant ça aussi,
[02:52] tu peux pas l’habiller en rose comme tout le monde cette gamine, non ?
[02:55] Trop compliqué le foot. Deux kiki dans les cheveux pour pas
[02:57] confondre des buts mais bon, elle a pas de cheveux.
[03:00] Mais enfin ça va pousser.
[03:01] On fait un effort monsieur.
[03:04] Il y a un moment madame, hein ?
[03:08] Faudrait pas vous mettre des kikis vous aussi, parce que c’est pénible.
[03:12] Je sais que sur une coupe en brosse c’est pas facile.
[03:15] Non, ça tu le fais pas évidemment, là je me fais plaisir.
[03:17] Hein tu, tu te conduis pas comme ça
[03:18] au parc, évidemment, tu n’es pas ta jumelle maléfique, au contraire.
[03:22] Au parc, tu as enfilé ta peau de mère et tu les surveilles.
[03:27] Il y a que ça à faire.
[03:35] J’ai envie de me pendre avec une corde à sauter.
[03:44] Oui, je te vois.
[03:45] Oui, oui, ça tourne.
[03:47] C’est un tourniquet, c’est le principe.
[03:50] Bon, les flèches, ils sont un peu légers intellectuellement.
[03:54] Ah, on sent qu’ils n’ont pas fini, c’est évident.
[03:56] C’est pas possible. Non, pas par là, pas par l’écriture.
[04:00] Les enfants, il y a un escalier derrière.
[04:02] Pourquoi les enfants remontent toujours le toboggan par le toboggan ?
[04:07] Bon, quand est ce qu’on fait ça ? Où est-ce qu’on est ?
[04:09] Ce qu’on remonte les pistes de ski par les pistes de ski ?
[04:13] Oui, mauvais exemple mon chéri.
[04:16] Déjà tu réponds pas, ta mère va jouer plus loin à ce moment là.
[04:19] Ben vas, il y a de la place. Voilà, tu es bien ce le fait ?
[04:26] Pourquoi elle me fait comme ça la mafia ?
[04:29] Hein ?
[04:30] Ah oui, oui, d’accord.
[04:31] Elle me dit oui bien sûr, chu con de zéro.
[04:33] Ah non, ça c’est oui.
[04:36] C’est évolué comme langage,
[04:37] on se comporterait comme nous, mais on se fait interner tout de suite.
[04:40] Tu t’imagines en réunion ?
[04:42] Bien messieurs, pour le marché thaïlandais,
[04:44] je pense qu’il va falloir qu’on adopte un marketing plus offensif.
[04:46] Je sais pas si vous êtes d’accord avec moi messieurs.
[04:50] Comme ça, la cravate, ça n’aurait pas d’allure.
[04:53] Ils ont un comportement qui est inacceptable.
[04:55] C’est comme les caprices.
[04:56] Qu’est-ce que c’est que ça ?
[04:58] Qu’est-ce que c’est que cette manie qu’ont les enfants de taper les pieds,
[05:01] de rouler en boule comme ça à la première contrariété ?
[05:03] Enfin, ça va pas bien.
[05:04] Est-ce qu’on fait ça nous, au restaurant ?
[05:06] J’avais dit bien quoi ?
[05:12] Non, on se contient tout simplement. Sinon ce serait le chaos.
[05:15] On serait toujours en boule. Qu’est-ce qu’il y a ?
[05:17] Y pleure ? Pardon ?
[05:19] Qu’est-ce qu’il y a ? Pourquoi tu pleures là, hein ?
[05:20] Non, c’est pas fait pour toi. C’est bon.
[05:23] Elle rigole.
[05:25] Voilà.
[05:26] En fait, oui, elle a dû voir un caillou.
[05:30] Les enfants ont une gestion des émotions qui est particulière.
[05:32] Il faut connaître et ils sont capables
[05:33] de passer des larmes au rire en un quart de seconde.
[05:35] A partir du moment où tu fais diversion, c’est bon, j’ai oublié.
[05:38] C’est magique. Que c’est plutôt pas mal.
[05:40] On ferait bien de s’en inspirer, nous adultes.
[05:42] Hop, c’est parti comme ça, au bout de sept ans,
[05:44] tu te rends compte que sept ans de vie commune qui balaie comme ça du jour.
[05:49] Ouais bah y’a.
[05:51] Mais c’est pour montrer tout ce qu’on peut faire.
[05:57] Que oui, toujours.

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